Les 7 étapes pour interpréter un électrocardiogramme

25 septembre 2019
Un électrocardiogramme seul n'est rien de plus qu'un graphique sans signification. Pour l'interpréter, il est nécessaire d'évaluer divers aspects et de les comparer aux données cliniques disponibles.

L’électrocardiogramme est l’un des examens les plus utilisés, en particulier dans les services d’urgence et en médecine interne. L’interpréter correctement est donc décisif dans de nombreuses circonstances. Bien qu’il s’agisse d’un test courant, son interprétation n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît à première vue.

L’électrocardiogramme enregistre les signaux électriques des cellules du myocarde. En effet, chaque battement cardiaque émet un signal électrique qui est enregistré par l’électrocardiographe. Son examen permet donc de visualiser l’activité du cœur et de détecter d’éventuelles altérations.

En soi, l’électrocardiogramme n’est rien de plus qu’une figure linéaire. Il laisse simplement une trace que le professionnel interprète. Pour l’évaluer, on suit une série d’étapes que nous décrivons ci-dessous.

Interprétation d’un électrocardiogramme

1. Vérifier la conformité de l’électrocardiogramme

La première chose à faire est de vérifier que l’électrocardiogramme a été effectué correctement. L’électrocardiographe doit avoir une vitesse de 25 mm/s et une amplitude de 1 mV par 10 mm. S’il y a une suspicion d’erreur, il faut alors refaire le test.

Si tout se passe bien, les données et valeurs à interpréter dans cette analyse cardiaque sont les suivantes :

2. Calculer la fréquence cardiaque du patient

Le calcul de la fréquence cardiaque après une électrocardiogramme

La fréquence cardiaque est bien sûr la première donnée pertinente extraite d’un électrocardiogramme. Il y a des électrocardiographes qui le calculent automatiquement.

Mais si ce n’est pas le cas, il existe des méthodes manuelles qui permettent de le faire. Il s’agit notamment de la méthode 300, de la méthode 1500 et de la méthode des 6 secondes.

La fréquence cardiaque consiste en le nombre de fois que le cœur se contracte pour pomper le sang vers le reste du corps. Cela nous permet d’établir s’il y a tachycardie ou bradycardie, des aspects qui sont fondamentaux pour identifier d’éventuelles anomalies ou problèmes.

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3. Évaluer le rythme cardiaque

Le rythme cardiaque correspond à la séquence des systoles et des diastoles dans la musculature du cœur. Si cet organe est normal, il se contracte entre 70 et 75 fois par minute. Dans un électrocardiogramme, il est représenté dans des complexes QRS.

C’est l’une des données les plus faciles à observer. Il permet de déterminer si le rythme cardiaque est régulier ou irrégulier. Et également s’il est de type sinusal normal ou s’il s’agit d’une tachycardie ou d’une bradycardie sinusale.

4. Établir l’axe électrique du cœur

Interpréter un électrocardiogramme

 

C’est l’une des étapes les plus difficiles dans l’interprétation d’un électrocardiogramme. L’axe électrique du cœur correspond à la direction suivie par le stimulus électrique, lorsqu’il traverse les ventricules. Ces données fournissent des informations sur d’éventuels défauts de conduction intraventriculaire.

5. Évaluer le segment ST de l’électrocardiogramme

Le complexe QRS est la somme des décharges électriques de toutes les cellules des ventricules. D’autre part, il y a l’onde T, qui représente la repolarisation, ou récupération électrique, des ventricules. La distance entre le complexe QRS et l’onde T est appelée segment ST.

Parfois, le segment ST présente une élévation ou bien une descente. Mais si ces valeurs ne sont pas significatives, la situation peut être considérée comme normale. Par contre, si les valeurs dépassent la plage limite, la cardiopathie ischémique est alors très probable.

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6. Évaluer les ondes et les intervalles

Il est important d’effectuer une analyse de chacune des ondes, ainsi que de chacun des intervalles qui n’ont pas été évalués. L’intervalle PR et l’intervalle QT sont particulièrement importants. Lorsque l’intervalle PR est court, cela signifie qu’il y a conduction auriculo-ventriculaire accélérée. Quand il est long, cela signifie que la conduction est ralentie.

L’intervalle QT représente la durée de la systole électrique ventriculaire. Il comprend l’intervalle QRS, le segment ST et l’onde T. Elle est étroitement liée à la fréquence cardiaque. Lorsqu’il est rapide, l’intervalle diminue et vice versa.

7. Synthèse schématique de l’évaluation d’un électrocardiogramme

En résumé, les étapes à suivre pour interpréter un électrocardiogramme de façon schématique sont les suivantes :

  • Déterminer la fréquence cardiaque
  • Évaluer le rythme cardiaque
  • Définir les axes
  • Identifier le rythme sinusal (présence d’ondes Q avant chaque complexe QRS)
  • Parcourir l’intervalle PR
  • Valoriser l’intervalle QT
  • Évaluer les complexes QSR
  • Analyser le segment ST
  • Évaluer les ondes T

Une fois toutes ces étapes effectuées, il reste alors à déterminer l’anomalie ou les anomalies détectée(s). A partir de là, vous pouvez déterminer les actions à suivre ou les décisions à prendre.

 

  • Hamm, C. W., & Willems, S. (2010). El electrocardiograma: su interpretación práctica; 32 cuadros. Ed. Médica Panamericana.