Gérontophobie : pourquoi a-t-on peur de vieillir ?

Il est important de briser les préjugés et les mythes qui associent la vieillesse à la décadence. Toutes les étapes de la vie ont leurs aspects positifs et négatifs.
Gérontophobie : pourquoi a-t-on peur de vieillir ?

Dernière mise à jour : 04 août, 2022

On parle de gérontophobie en cas de peur de la vieillesse exagérée. “Je ne veux pas que vous me demandiez quel âge j’ai, je ne veux pas vieillir, vous êtes trop vieux pour faire ces choses” sont des phrases que nous pouvons entendre au quotidien.

Il y a une sorte de tabou autour du vieillissement. Voyons ce qu’il en est et comment nous pouvons nous réconcilier avec l’idée de vieillir.

Qu’est-ce que la gérontophobie ?

Il est intéressant de décomposer le terme gérontophobie. Géronte signifie « vieillesse », et phobie renvoie à une peur irrationnelle et démesurée. La gérontophobie est ainsi liée à un trouble anxieux dans lequel une peur excessive est présente à la fois envers les personnes âgées et envers son propre vieillissement et celui des autres.

Cependant, ce n’est pas une situation qui surgit de nulle part. Elle repose sur de nombreux préjugés et mythes associés à l’idée de faiblesse et de maladie. L’image universelle associée à la vieillesse met l’accent sur les difficultés physiques, la douleur et le déclin.

L’âge adulte d’autrefois ne se vit pas de la même manière que maintenant, avec tous les avantages et les inconvénients que cela implique. Les progrès scientifiques et technologiques ont beaucoup contribué à faire de la vieillesse une étape qui peut être agréablement vécue.

Ce qui est certain, c’est qu’il faut fournir des efforts. Pour que ce bien-être soit possible, les personnes doivent jouer un rôle de premier plan. La vieillesse est une étape de la vie qui peut être très plaisante.

Peur des rides chez une femme.
Parfois, la gérontophobie a une composante esthétique primaire : la peur des rides et des marques sur le corps.



Pourquoi avons-nous peur de vieillir ?

Nous ne pouvons pas ignorer les facteurs sociaux et culturels à l’heure de réfléchir à cette question. Alors que dans certaines cultures la vieillesse est synonyme de sagesse et d’expérience, dans d’autres c’est un signe de déclin et de limitation.

Dans ces dernières, prévalent des critères âgistes, à travers lesquels seuls les jeunes sont valorisés. Même depuis la perspective économique, la vieillesse est associée à l’improductivité et à l’inutilité.

Pour vérifier cela, il suffit que nous regardions autour de nous. Les publicités avec des recettes infaillibles pour prévenir le vieillissement, les chirurgies esthétiques pour estomper les rides et les looks qui nous font paraître plus jeunes sont à la mode.

Ne soyez pas confus. Il n’y a rien de mal à se soucier de son image. Le problème est que, dans de nombreux cas, ce souci ne répond pas à un réel désir, mais à un mandat de la société.

Les clés pour bien vieillir et éviter la gérontophobie

Parmi les recommandations pour jouir d’une bonne qualité de vie à l’âge adulte, figurent les suivantes :

  • Pensez à tout ce que vous pouvez faire : la vieillesse est associée à un déficit. L’accent est mis sur le manque. Or, il est intéressant de penser à tout ce que nous avons à notre portée. Plus de temps libre, d’autres responsabilités, plus d’expérience, des histoires à partager. Depuis cette perspective, nous pouvons voir qu’un univers de possibilités s’ouvre avec la vieillesse.
  • Préparez-vous à l’avance : si vous vivez longtemps, vieillir n’est pas une option : cela fait partie du destin. Par conséquent, pendant que vous vous trouvez plus vital, vous pouvez commencer à penser à votre avenir. Comment voulez-vous que ce soit, où aimeriez-vous vivre, qu’aimeriez-vous faire ? Non seulement vous pouvez anticiper les ressources, mais vous pouvez donner également un sens à ce temps qui est à venir.
  • Entourez-vous de personnes qui sont bonnes pour vous : faites-vous de nouveaux amis, parlez à des personnes plus jeunes, démarrez des activités qui vous permettent d’établir des liens. De cette façon, non seulement vous gardez votre esprit éveillé, mais vous pouvez également créer et partager de nouveaux moments et histoires.
  • Cherchez un but : la vieillesse n’est pas la fin de tout. Au contraire, c’est le début d’une nouvelle étape. Il s’agit de pouvoir réfléchir à où vous voulez être, à quoi vous voulez consacrer votre temps et votre énergie. Si vous trouvez quelque chose qui a du sens, vous pouvez vous sentir à l’aise.
  • Ne vous mettez pas de pression : vous n’êtes pas obligé d’avoir les mêmes performances que lorsque vous aviez 15 ans. Vous n’avez pas non plus à prouver quoi que ce soit à qui que ce soit. Acceptez vos rythmes.
Les aînés aiment vieillir.
Les relations sociales jouent un rôle protecteur dans la vieillesse. Cultiver des amitiés permet de jouir d’une meilleure qualité de vie.



La société qui nie la vieillesse

Pour arrêter de regarder la vieillesse de travers, il faut boycotter les bases qui assimilent le vieillissement à la décadence. Un point de départ concerne les messages véhiculés par les médias et les publicités.

Favorisons des images plus positives, des histoires supérieures et réalistes, dans lesquelles les personnes âgées ne sont ni infantilisées ni protégées, mais sont les porte-parole d’une expérience de vie précieuse.

Bien qu’il existe un culte de la jeunesse, il est important de retracer ce chemin et de reconnaître et de valider ses propres versions de l’histoire. Nous devons apprendre à profiter de ce que le moment présent nous offre, la seule certitude que nous ayons. Ce qui est présent, c’est l’ici et maintenant : demain, nous ne savons pas ce qui va se passer.

Chaque moment de la vie nous apprend des choses et a quelque chose à offrir. Les expériences nous façonnent et nous enrichissent. Focalisons-nous sur ce que nous avons et profitons-en.

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