Gingivostomatite chez l'enfant : qu'est-ce que c'est et comment agir ?

L'apparition de nombreuses plaies dans la bouche d'un enfant peut être due à une gingivostomatite. Nous vous en disons plus ici sur ce tableau clinique agaçant.
Gingivostomatite chez l'enfant : qu'est-ce que c'est et comment agir ?

Dernière mise à jour : 09 mai, 2022

Les lésions de la muqueuse buccale peuvent être dues à différentes causes et toucher aussi bien les adultes que les enfants. Nous nous intéressons ici à la gingivostomatite chez les enfants, un trouble qui provoque beaucoup d’inconfort dans la bouche des plus petits.

C’est une affection assez courante dans l’enfance, qui survient à la suite d’une infection virale ou bactérienne. L’infection est généralement due au virus de l’herpès simplex.

Les lésions buccales qui caractérisent la condition sont souvent préoccupantes pour les parents. En plus de l’inconfort, l’enfant bave excessivement, a de la fièvre et refuse de manger et de boire.

Qu’est-ce que la gingivostomatite ?

La gingivostomatite chez l’enfant est une affection qui se caractérise par l’apparition de multiples lésions douloureuses et gênantes sur la muqueuse buccale. Elle survient le plus souvent lorsque le virus de l’herpès simplex de type 1 (HSV-1) infecte pour la première fois la bouche de l’enfant.

Mais ce tableau clinique peut également être causée par d’autres infections. Le virus Coxsackie et les bactéries Streptococcus et Actinomyces sont d’autres agents responsables, bien que dans une moindre mesure.

La gingivostomatite est une maladie qui survient chez les nourrissons et les enfants généralement avant l’âge de 6 ans. L’agent causal atteint la bouche par la salive. Au stade où l’enfant met tout dans sa bouche, tout objet contaminé peut être la voie de transmission.

La façon dont l’agent causal se développe et se manifeste dépend de nombreux facteurs :

  • Mauvaise hygiène buccale
  • Défenses diminuées
  • Coutume d’embrasser l’enfant sur la bouche
  • Carence nutritionnelle, en particulier en vitamines C et B
  • Habitude de mettre des objets ou des mains non lavés dans la bouche

Dans le cas de la gingivostomatite herpétique, une fois la maladie éradiquée, le virus reste généralement dans le corps de l’enfant à l’état latent. Lorsque surviennent des situations qui favorisent sa réactivation, il peut provoquer à nouveau des manifestations, mais elles sont généralement plus légères.

Les défenses diminuées, les situations stressantes, l’exposition au soleil ou au froid, les traumatismes et autres états d’immunosuppression prédisposent à la réactivation du virus. Les lésions apparaissent généralement sur les lèvres ou à l’intérieur de la bouche et génèrent des démangeaisons caractéristiques avant de devenir visibles. Elles ressemblent à un amas de petites vésicules.

Virus qui cause la gingivostomatite chez les enfants.
La cause virale est la plus fréquente chez les nourrissons.

Les symptômes de la gingivostomatite chez l’enfant

La gingivostomatite chez l’enfant se manifeste par une inflammation et de multiples ulcérations douloureuses à l’intérieur de la bouche. Ces ulcérations sont situées sur les gencives, les joues, la langue, le palais et la face interne des lèvres. Elles peuvent également apparaître sur la muqueuse de la gorge.

Lorsque le processus commence, les lésions ressemblent à de petites cloques rouges contenant du liquide. Lorsqu’elles se rompent, elles donnent lieu à de larges ulcérations recouvertes d’une membrane grisâtre ou jaunâtre et entourées d’un halo rouge enflammé.

Ces ulcères sont très douloureux. Ils génèrent inconfort et irritabilité. Les autres symptômes possibles sont les suivants :

  • Mauvaise haleine
  • Mal de tête
  • Bave excessive
  • Fatigue et malaise général
  • Mal de gorge en avalant
  • Fièvre persistante supérieure à 38 °C
  • Manque d’appétit ou refus de manger et de boire
  • Ganglions lymphatiques cervicaux hypertrophiés et douloureux
  • Gencives rouges, enflammées et enflées qui saignent facilement

Comment est-elle diagnostiquée ?

En général, pour poser le diagnostic de gingivostomatite chez l’enfant, un examen clinique de la bouche est généralement suffisant. Les caractéristiques des lésions et la présence d’autres symptômes guident le professionnel vers ce diagnostic.

Dans tous les cas, si le médecin juge cela pertinent, certains tests peuvent être réalisés. Réaliser une culture à partir d’un échantillon de la lésion permet de déterminer l’agent causal.

Le médecin peut également demander une biopsie, pour laquelle il faudra extraire un morceau de muqueuse de la lésion. Ce n’est pas l’examen le plus courant ; il est généralement recommandé dans les cas douteux en vue d’exclure d’autres types d’aphtes.



Comment traite-t-on la gingivostomatite chez l’enfant ?

Les lésions et l’inconfort de la gingivostomatite chez les enfants durent généralement entre 10 et 18 jours. Et en général, ils disparaissent sans traitement, spontanément.

Mais compte tenu de l’inconfort de la maladie, de l’irritabilité de l’enfant et de l’inquiétude des parents, le recours à certaines mesures thérapeutiques pour calmer les symptômes s’impose. Ainsi, les médicaments et les remèdes maison seront un soulagement qui aidera le petit à se sentir mieux jusqu’à ce que le processus soit terminé.

Pour traiter la gingivostomatite chez l’enfant, il est essentiel d’aller chez le pédiatre. Et ce, car de nombreux tableaux cliniques peuvent présenter des symptômes similaires.

Lorsque le diagnostic est confirmé, le professionnel pourra prescrire des traitements pharmacologiques contre la douleur, la fièvre et l’inflammation, comme l’ibuprofène. Et si le processus est causé par une bactérie, l’administration d’un antibiotique peut être nécessaire.

Le pédiatre peut également suggérer l’administration d’anesthésiques locaux sur les muqueuses, afin que l’enfant ne ressente pas de douleur au moment de manger. Mais leur administration n’est pas si sûre chez les enfants, elle est donc réservée aux cas spécifiques.

Enfin, il est également essentiel de s’assurer que l’enfant s’alimente et s’hydrate correctement. L’inconfort dans la bouche conduit souvent l’enfant à rejeter les aliments, ce qui augmente le risque de déshydratation.



Comment prendre soin de l’enfant atteint de gingivostomatite à la maison

Au-delà du traitement suggéré par le médecin, il existe certaines pratiques à domicile qui peuvent soulager l’inconfort. Voici quelques conseils qui peuvent aider votre tout-petit à se sentir mieux :

  • Soignez son alimentation : proposer à l’enfant des aliments frais et moelleux comme des flans, de la gélatine, de la glace ou de la compote de pommes permet de réduire les douleurs. Les aliments durs, croustillants, acides, très salés ou épicés sont à éviter.
  • Hydratation : boire beaucoup d’eau évite les complications.
  • Repos : il est important d’aider l’enfant à se reposer.
  • Hygiène bucco-dentaire : la bouche doit être maintenue propre.
  • Éviter la contagion : l’enfant et ses soignants doivent se laver les mains, ainsi que les objets et ustensiles que l’enfant met dans sa bouche fréquemment.

Les complications possibles

Comme déjà commenté, la gingivostomatite chez les enfants dure généralement environ 2 semaines. Passé ce délai, les lésions disparaissent sans laisser de séquelles.

Mais il faut savoir que ce tableau clinique peut se compliquer. La déshydratation est l’un des risques. Le refus de manger et de boire à cause de la présence de plaies dans la bouche signifie que l’enfant ne récupérera pas les liquides perdus.

Par ailleurs, lorsque le processus est causé par le virus HSV-1, il est possible qu’il se propage à d’autres parties du corps. Si les yeux sont infectés, par exemple, une affection appelée kératite herpétique se développe.

Enfin, la paronychie, une infection qui infecte le contour des ongles se produit également en raison d’une auto-inoculation accidentelle du virus à partir de plaies buccales. L’œsophagite, l’épiglottite, l’encéphalite et la pneumonite sont des complications beaucoup plus rares. Elles surviennent généralement chez les enfants qui souffrent d’une déficience de leur système immunitaire.

Autoinoculation du virus de l'herpès dans la gingivostomatite.
L’auto-inoculation du virus de l’herpès est courante via les démangeaisons ou le contact entre les doigts et la bouche.

Quand aller chez le médecin ?

Parmi les signes avant-coureurs pouvant indiquer que le processus ne progresse pas bien, figurent les suivants :

  • Vertiges
  • Convulsions
  • Bouche et peau sèches
  • Absence de larmes
  • Rythme respiratoire accéléré
  • Refus de manger et de boire des liquides
  • Douleurs à l’estomac, diarrhée ou éruption cutanée
  • Fatigue et sommeil excessif
  • Fièvre très élevée et persistante qui ne diminue pas avec les médicaments
  • Persistance ou aggravation des plaies après 2 semaines
  • Couches sèches, constipation ou diminution du nombre de mictions quotidiennes.

Comment prévenir la gingivostomatite chez l’enfant ?

Prendre soin des dents et des gencives des enfants avec une bonne hygiène buccale aide à réduire le risque de contracter cette maladie. Prendre soin de l’alimentation et offrir une alimentation variée et nutritive qui garantit un apport adéquat en vitamines et minéraux est également essentiel.

Éviter tout contact physique avec des personnes infectées est également essentiel pour éviter la contagion. De même, il est important d’insister sur le lavage des mains du patient et des soignants. Ainsi que sur le nettoyage des jouets, ustensiles et autres objets que l’enfant met dans sa bouche.

Avec une bonne hygiène et de bonnes habitudes alimentaires, le risque de souffrir de ce type de trouble diminue. Dans le même temps, les enfants apprennent à être responsables de leur santé.

En somme…

La gingivostomatite chez les enfants est une affection très gênante et douloureuse. Les plaies dans la bouche affectent la qualité de vie. Et les parents souffrent avec eux ne sachant pas comment les aider.

Suivre ses recommandations d’un pédiatre est la meilleure façon d’aider votre enfant. Ce professionnel de santé vous aidera à traverser le processus avec confiance,.

Ce trouble disparaîtra après quelques semaines sans laisser de séquelles ultérieures. Mais tant que cela dure, la patience et l’affection joueront un rôle clé pour que l’enfant se porte le mieux possible.



  • Muñoz Hiraldo, E., & Morillo Gutiérrez, B. (2017). Infecciones por virus herpes simple. Asoc Española Pediatría Atención Primaria1(5), 1-33.
  • Acebo Choez, A. Y. (2021). Manejo clínico y farmacológico en pacientes con estomatitis (Bachelor’s thesis, Universidad de Guayaquil. Facultad Piloto de Odontología).
  • Crespo Echeverría, B. M., Toledo Pimentel, B. F., Martínez Frometa, M., Machado Rodríguez, M. D. C., Rodríguez Díaz, A. M., & Guevara Martín, H. (2020). Gingivoestomatitis estreptocócica. Revista Cubana de Medicina Militar49(2).
  • Gleidis, Y., & García, M. (2021, October). GINGIVOESTOMATITIS HERPÉTICA RECURRENTE MÁS HERPES FACIAL. ASOCIACIÓN POCO FRECUENTE. In X Simposio Visión Salud Bucal y IX Taller sobre el Cáncer Bucal 2021.
  • González, R. G., Molina, R. B., Rascón, A. N., & Burciaga, R. G. C. (2011). Lesiones frecuentes de la mucosa bucal en niños y adolescentes: Revisión literaria. Revista de la Asociación Dental Mexicana68(1), 17-24.
  • Ramírez, E. Y. C., Baque, A. V. M., Acosta, A. A. A., & Cevallos, G. B. C. (2021). PREVALENCIA DE PATOLOGÍAS BUCALES EN NIÑOS. Revista Científica Especialidades Odontológicas UG4(2).
  • Salinas M, Y. J., & Millán I, R. E. (2008). Gingivoestomatitis herpética primaria: Conducta odontológica. Acta odontol. venez, 219-226.
  • Proaño Añazco, V. S. (2020). Patologías de mucosa oral en niños de 4 a 12 años (Bachelor’s thesis, Quito: UCE).
  • Mojica Lobo, N. D., & Moreno Peña, I. D. (2021). Manifestaciones bucales en pacientes pediátricos bajo terapia oncológica y su protocolo de higiene oral. Revisión de la literatura.
  • Daoud, Z., Ramos Amador, J. T., Morillo Gutiérrez, B., & Muñoz Hiraldo, E. (2018). Infecciones por virus del herpes simple 1 y 2. Guía-ABE. Tratamiento de las infecciones en Pediatría. Guía rápida para la selección del tratamiento antimicrobiano empírico. Madrid: Guía-ABE.
  • Gayretli Aydin, Z. G., Tanir, G., Genc Sel, C., Tasci Yıldız, Y., Aydin Teke, T., & Kaman, A. (2019). Encefalitis por herpes simple resistente al aciclovir en un niño tratado satisfactoriamente con el agregado de foscarnet: A propósito de un caso. Archivos argentinos de pediatría117(1), e47-e51.