Hypomagnésémie : faible taux de magnésium sanguin

15 février 2021
L'hypomagnésémie est la présence de faibles valeurs de magnésium dans le sang. Dans cet article, nous vous en disons davantage sur ses causes et son traitement.

On parle d’hypomagnésémie lorsque la quantité de magnésium dans le sang est inférieure à ce qui est considéré comme normal (entre 1,7 md/dL et 2,2 mg/dL). Sur la base de ces chiffres, il est établi qu’il y a hypomagnésémie quand les résultats de laboratoire sont inférieurs à 1,7 mg/dL.

Si vous souhaitez en savoir davantage sur les causes et les symptômes, cet article est pour vous.

Le magnésium dans l’organisme

Le magnésium est un cation, autrement dit, un élément doté d’une charge électrique positive. Parmi les cations du corps humain, il est le plus abondant en dehors de la cellule. Au sein des cellules, c’est le deuxième cation le plus abondant (après le potassium).

La majorité du magnésium se trouve dans les tissus osseux. 20% se trouve dans les muscles, et le reste se répartit dans les autres organes.

La quantité de magnésium corporelle se régule entre l’alimentation et l’élimination par l’urine. Ainsi, lors d’une alimentation normale et variée, on trouve 360 milligrammes de magnésium. Cette quantité est suffisante pour soutenir le fonctionnement normal de l’organisme.

Par ailleurs, les aliments qui fournissent le plus de magnésium au corps humain sont les céréales, les fruits secs et les légumineuses. Le magnésium est également présent dans les légumes à feuilles vertes, et les fruits de mer comme les crustacés.

Causes de l’hypomagnésémie

Les experts Joel Michels Topf et Patrick T. Murray évoquent quatre causes principales de l’hypomagnésémie:

  • Apport moindre dans l’organisme. C’est une cause rare et peu fréquente de ce trouble. Lorsque l’ingestion de magnésium diminue, le système rénal a du mal à le retenir. Cela peut se produire lors d’états de malnutrition ou d’alcoolisme chronique. De même, l’hypomagnésémie est un effet secondaire chez les personnes qui sont nourries par voie parentérale (veines) et non par voie orale.
  • Pertes majeures. Si le système digestif n’est pas capable de retenir et d’absorber le magnésium qui entre avec les aliments, cela déclenche alors une hypomagnésémie. La diarrhée, par exemple, peut être une cause d’une absorption réduite.
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  • Hyperparathyroïdie. Comme l’explique parfaitement Helbert Rondon-Berrios, les personnes qui souffrent de cette pathologie sont affectées par ce que l’on nomme la “redistribution du magnésium”. Lorsqu’il y a un déficit de l’hormone parathyroïdienne (hormone qui augmente le calcium dans le sang), le métabolisme du magnésium est affecté. Il est alors retenu par les os et n’est pas présent dans le sang.
  • Dysfonctionnement rénal. Comme l’équilibre du magnésium dépend de son excrétion rénale, en cas de pathologies rénales, il peut également y avoir une hypomagnésémie. En effet, il existe une condition génétique -connue comme le syndrome de Gitelman– dans laquelle les enfants naissent avec une altération des tubules rénaux qui les empêche de retenir le potassium, le calcium et le magnésium.

Symptômes de l’hypomagnésémie

Dans la plupart des cas, l’hypomagnésémie ne génère pas de symptômes. Les signes qui deviennent évidents sont générés par d’autres substances associées. Par conséquent, le principal déclencheur de symptômes est le manque de potassium qui conduit à l’hypomagnésémie.

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Une fois que l’organisme est déficient en magnésium et en potassium, le calcium est susceptible de diminuer également. Dès lors, l’hypocalcémie s’ajoute aux symptômes.

Le spécialiste James L. Lewis détaille le tableau clinique suivant :

  • Nausées et vomissements.
  • Faiblesse et fatigue.
  • Anorexie : perte d’appétit.
  • Tremblements musculaires : ils peuvent être légers, comme des secousses musculaires ou des spasmes sévères.
  • Symptômes tétaniques : générés par une contracture extrême des muscles.
  • Convulsions : selon plusieurs recherches de l’Hôpital Universitaire de Getafe, les altérations du milieu sanguin interne peuvent également modifier la transmission nerveuse des neurones.

Traitement à suivre

Si l’hypomagnésémie est légère et n’est détectée qu’au cours d’une analyse de routine, le traitement est simple. Dans un premier temps, l’indication sera une alimentation riche en magnésium. Ensuite, il est essentiel de chercher la cause sous-jacente.

Si, malgré le régime alimentaire, il n’y a pas d’amélioration du magnésium sanguin, des compléments prescrits par le médecin seront alors nécessaires. Il est toujours préférable d’administrer les suppléments par voie orale.

D’autre part, la voie parentérale d’administration du magnésium est réservée pour les cas graves, avec des symptômes qui affectent la qualité de vie.

Cependant, les patients qui ne peuvent pas utiliser la voie orale, à cause d’une chirurgie digestive par exemple, optent également pour la voie parentérale. Cette voie est aussi généralement préconisée pour les personnes alcooliques chroniques souffrant d’hypomagnésémie.

Au cas où l’hypomagnésémie s’accompagne d’un manque de potassium ou de calcium sanguin, il faut également les traiter. C’est ce que démontre cette étude publiée dans le Journal of Clinical Rheumatology en 2008.

En effet, l’idéal est d’apporter un complément pour toutes les substances. Car, si l’on améliore une seule valeur (le potassium par exemple), sans corriger les autres, l’effet ne sera pas durable.

Combattre l’hypomagnésémie

En cas de diagnostic de faibles taux de magnésium sanguin, le médecin indiquera une alimentation adaptée à suivre ainsi qu’un traitement spécifique. Le simple suivi de ces mesures fera normalement disparaître l’insuffisance.

Enfin, il ne faut pas non plus oublier de maintenir un mode de vie sain et d’être attentif à quelconque symptôme pour prévenir à temps ce type de problèmes.

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