Hypoxémie artérielle : qu’est-ce que c’est ?

4 mars 2021
L'hypoxémie artérielle est la présence insuffisante d'oxygène dans les artères du corps humain. Il s'agit d'une situation grave, qui peut être aiguë ou chronique. Nous allons ici vous dévoiler les possibles causes du trouble et ses effets.

On parle d’hypoxémie artérielle quand la quantité d’oxygène transportée par les artères est plus faible que la normale. Il s’agit d’un cadre grave parce que l’une des fonctions primordiales des artères est justement de transporter l’oxygène vers les cellules.

Sans une quantité adéquate d’oxygène, les cellules ne peuvent pas fonctionner. Dans les cadres graves d’hypoxémie artérielle, les fonctions vitales de l’organismes se retrouvent en danger, avec une possibilité de mort cellulaire si cette situation se prolonge dans le temps.

Comment diagnostique-t-on l’hypoxémie artérielle ?

Pour déterminer l’hypoxémie artérielle, on utilise deux mesures en médecine :

  • Millimètres de mercure : dans des conditions normales, la quantité d’oxygène dans les artères doit osciller entre 75 et 100 millimètres de mercure. Quand la mesure se retrouve en dessous de 60 millimètres, on a besoin d’oxygène externe pour le patient.
  • Saturation d’oxygène : la mesure la plus accessible est la saturation à travers des pourcentages. De petits dispositifs comme le saturomètre se connectent à un doigt pour évaluer ce pourcentage. Ainsi, une saturation d’oxygène entre 96 et 100 % est normale. En dessous de 95 %, il s’agit d’un signal d’alarme et, en dessous de 90 %, on a besoin d’oxygène supplémentaire.

Pour que l’oxygène arrive aux cellules, on doit respecter trois étapes dans trois endroits différents. Si l’une de ces étapes faillit, le résultat final, c’est-à-dire le fonctionnement cellulaire, se retrouve altéré. Ces étapes sont :

  • Oxygène de l’environnement : le lieu où se trouve l’être humain doit avoir une concentration adéquate en oxygène. Il peut en manquer quand on va sur une montagne, par exemple, ou dans des pièces pleines de monoxyde de carbone.
  • Poumons sains : le système respiratoire doit être capable de prendre l’oxygène de l’environnement pour le transporter vers les artères. Des maladies comme l’asthme peuvent altérer ce processus.
  • Sang artériel : c’est là que l’on évalue l’hypoxémie artérielle. Il s’agit de l’étape du transport de l’oxygène que l’on a pris de l’environnement à travers les poumons. Le sang transportera ensuite cet oxygène vers chaque cellule du corps humain.

Causes d’hypoxémie artérielle

Les causes les plus fréquentes d’hypoxémie artérielle sont :

  • Maladies pulmonaires obstructives chroniques (MPOC) : parmi ces pathologies, nous retrouvons l’asthme, l’emphysème et la bronchite chronique. Étant donné que les poumons sont affectés, l’entrée d’oxygène est interrompue et la troisième étape, qui est celle de la distribution de l’oxygène dans le sang, commence par ce désavantage.
  • Problèmes cardiaques : certaines altérations du cœur affectent la communication entre les poumons et les artères. Étant donné que l’oxygène doit passer du système respiratoire au système circulatoire à travers la connexion poumons-cœur, s’il  y a un problème dans cette connexion, l’oxygène disponible pour les artères diminuera.
  • Pneumonies : les patients avec une pneumonie infectieuse souffrent souvent d’hypoxémie artérielle. Dans les cas graves, qui nécessitent une hospitalisation, on surveille quotidiennement la saturation en oxygène pour connaître l’état du malade.
  • Anémie : l’oxygène se transporte dans les artères à travers les globules rouges. Quand il y a une plus petite quantité de globules rouges, le transport d’oxygène se retrouve logiquement affecté. Cela se produit en cas d’anémie, quelle que soit son origine. Il existe différents degrés d’anémie et cela détermine différents degrés de sévérité de l’hypoxémie artérielle.
  • Médicaments : l’utilisation de médicaments dérivant d’opioïdes et de morphiniques inclut l’hypoxémie artérielle dans ses effets secondaires. Ce sont des médicaments que l’on doit prendre selon les doses indiquées, en ayant une ordonnance et en étant suivi par un médecin.
Les poumons d'une personne.

Les poumons sont un composant fondamental du transport d’oxygène vers les artères.

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Symptômes d’hypoxémie artérielle

Le manque d’oxygène dans les cellules génère tout un éventail de symptômes. Certains signes répondent à l’organe le plus affecté par l’hypoxémie artérielle et d’autres sont des signes généraux.

Parmi les symptômes habituels, nous avons :

  • Changements dans la couleur de la peau : l’hypoxémie artérielle peut entraîner une pâleur, surtout associée à une anémie. Par ailleurs, elle peut générer une cyanose, qui est une coloration bleutée de la peau, un signe évident d’un manque d’oxygène grave.
  • Évanouissements : si l’oxygène que reçoit le cerveau n’est pas suffisant, il aura tendance à réduire son fonctionnement, au point de générer un évanouissement ou une syncope.
  • Céphaléequand l’hypoxémie artérielle est intermédiaire et persistante, on retrouve des maux de tête et des signes de bombement. Cette douleur ne disparaît pas avec les anti-inflammatoires habituels.
  • Problèmes de coordination motrice : le cerveau a besoin d’oxygène pour pouvoir accomplir toutes ses fonctions régulatrices. Parmi ces fonctions, nous retrouvons la coordination motrice pour marcher et nous déplacer. En cas d’hypoxémie artérielle, il peut y avoir des difficultés lors d’activités simples comme marcher ou vouloir prendre quelque chose avec les mains.
  • Vomissements et nausées.
  • Arythmies.
  • Crampes musculaires, surtout nocturnes.
Des doigts avec cyanose.

La cyanose, coloration bleutée de la peau, peut être un signe d’hypoxémie artérielle.

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Effets à long terme

Si l’hypoxémie artérielle persiste dans le temps, le corps humain essaiera de s’adapter à cette nouvelle situation. Une façon de s’adapter consiste à produire plus de globules rouges pour transporter l’oxygène. Cette situation porte le nom de polyglobulie.

La polyglobulie peut coexister dans l’organisme sans produire d’altérations. Quoi qu’il en soit, il faut la contrôler régulièrement pour qu’elle ne soit pas excessive et pour qu’elle n’altère pas la circulation normale du sang.

Les arythmies sont un autre effet à long terme de l’hypoxémie artérielle. Le cœur change sa fréquence et son intervalle de battements pour compenser le manque d’oxygène. Si l’arythmie devient hors de contrôle, la vie est en péril.

Enfin, on retrouve l’effet cérébral. Chez les malades de MPOC, il a été démontré que les altérations neurologiques étaient très fréquentes : dépression, pertes de mémoire et manque d’attention. Ces altérations sont reliées à l’hypoxémie artérielle.

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