L’urticaire chronique : comment affecte-t-il votre qualité de vie ?

5 décembre 2020
L'urticaire chronique est l'apparition, de façon répétée, de lésions sur la peau sous forme de plaques. Il s'agit d'une pathologie qui affecte la qualité de vie de ceux qui en souffrent. Nous allons ici vous expliquer de quoi il s'agit et comment on peut le traiter.

L’urticaire chronique est une maladie plus fréquente qu’on ne pourrait le croire. On estime qu’1 % de la population mondiale en souffre, sans variations significatives entre différentes régions. Les personnes les plus touchées sont les femmes entre 30 et 50 ans.

On donne le nom d’urticaire commun à l’apparition de plaques de couleur rouge sur la peau, accompagnées de démangeaisons intenses. Ces plaques sont de différentes tailles et peuvent apparaître et disparaître de façon soudaine, comme si elles changeaient d’endroits.

L’urticaire commun se transforme en urticaire chronique quand il se prolonge dans le temps. Cliniquement parlant, pour le diagnostiquer, le patient doit avoir eu de l’urticaire pendant plus de six semaines en un an, en prenant en compte les périodes intermédiaires sans lésions visibles.

On ignore l’origine causale de cette pathologie mais on sait que le traitement est lié au contrôle de la réaction allergique du corps. Pour cela, on prescrit généralement des médicaments antihistaminiques et des mesures hygiéno-diététiques.

Symptômes de l’urticaire chronique

Le signe caractéristique de la maladie est celui des plaques rouges sur la peau, sans prédilection particulière pour une partie spécifique du corps. Le changement des zones d’apparition est constant, ainsi que les différentes tailles des plaques.

Néanmoins, étant donné que toutes les plaques qui apparaissent sur le corps ne sont pas liées à l’urticaire chronique, voici la liste des symptômes que l’on prend en compte pour le diagnostic clinique :

  • Les plaques rouges à n’importe quel endroit du corps.
  • Une apparition variable des plaques avec différentes formes et avec un schéma d’apparition et de disparition.
  • Un gonflement d’une zone de la peau avec l’apparition de ces éléments.
  • Le lien entre l’apparition des plaques et un élément déclencheur, comme des situations de stress ou l’exposition à la chaleur.
  • Un prurit intense : des démangeaisons.
Des remèdes contre l'urticaire.

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L’urticaire chronique et la qualité de vie

Plus de la moitié des patients qui souffrent d’urticaire chronique voient leur vie sociale affectée, comme l’exprime cette étude de l’Hôpital St Thomas (Royaume-Uni). Par ailleurs, plus de la moitié d’entre eux ont le sentiment que leur vie sexuelle empire à cause de cette question esthétique.

On ne remarque pas que des résultats négatifs dans ce domaine : le domaine professionnel est aussi affecté. 25 % des patients ne se rendent pas à leur travail pratiquement une fois par mois. On a d’ailleurs trouvé un lien entre un plus grand impact sur la qualité de vie et de plus faibles revenus économiques.

Le rôle que joue les proches des personnes atteintes d’urticaire chronique est extrêmement important. Ils doivent connaître la pathologie et ses manifestations pour éviter des gestes de rejet qui peuvent saper l’estime de soi du patient. Lorsque le mépris personnel augmente, l’adhérence aux traitements a tendance à diminuer.

Les situations de stress peuvent faire empirer les cadres d’urticaire chronique. Un tout petit effet, comme le fait de se gratter plus, par anxiété, est source de complications : cela pourrait en effet dériver vers une lésion dermique qui, plus tard, pourrait potentiellement s’infecter.

L’urticaire affecte tellement la vie quotidienne des patients qu’une partie de l’évaluation médicale, selon les protocoles mondiaux en vigueur, consiste à appliquer des instruments de mesure de la qualité de vie pour connaître en profondeur l’état du patient.

Traitement pharmacologique

L’une des bases du traitement pour l’urticaire chronique est la prescription de médicaments antiallergiques. Parmi ces derniers, les plus utilisés sont les antihistaminiques. Nous pouvons retrouver deux groupes et options basés sur ceux qui produisent une somnolence ou non.

Parmi les antihistaminiques qui produisent une somnolence, nous pouvons mentionner :

  • Hydroxyzine.
  • Doxépine.
  • Diphénhydramine.

Parmi ceux qui engendrent le moins d’effets secondaires, le plus connu est peut-être la loratadine, située dans le même groupe que la fexofénadine et la cétirizine.

Si les lésions dermiques impliquent une inflammation contondante, on peut prescrire des corticoïdes en tant qu’anti-inflammatoires. Ce sont des médicaments avec un usage réduit et ponctuel à cause de leurs effets adverses. Le plus indiqué est souvent la prednisone.

Une main pleine de corticoïdes.

Traitement non pharmacologique

Au-delà des médicaments, les mesures hygiéno-diététiques sont fondamentales pour l’amélioration de la qualité de vie des patients atteints d’urticaire chronique. Ces mesures seront celles qui freineront les symptômes à long terme.

Parmi les indications non pharmacologiques les plus importantes, nous pouvons mentionner :

  • Éviter les savons qui ne sont pas neutres et qui peuvent irriter encore plus la peau.
  • Utiliser des crèmes hydratantes pour favoriser l’hydratation dermique.
  • Porter des vêtements qui ne serrent pas et qui évitent le contact avec la peau.
  • Mettre de la crème solaire lorsqu’on est dehors, même lors des journées qui ne nous semblent pas ensoleillées.
  • S’il y a des éléments déclencheurs connus, évitez-les.

La qualité de vie est ce qui importe le plus

Toutes ces mesures, une fois combinées, et même si elles ne soigneront pas la maladie, aideront à améliorer la qualité de vie pour pouvoir réaliser les activités quotidiennes de la meilleure façon possible.

Il est important que cette maladie ne finisse pas par nous handicaper et ne devienne pas un motif d’éloignement au niveau des relations personnelles. Si cela se produit, il est recommandé de consulter un psychologue.

 

 

 

 

 

 

 

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