La fatigue de compassion

La fatigue de compassion est plus fréquente chez les soignants mais d'autres personnes peuvent aussi la ressentir. Pourquoi est-il important d'y faire attention ? Que faire pour la surmonter ? Découvrez-le !
La fatigue de compassion

Dernière mise à jour : 04 avril, 2021

La fatigue de compassion a été étudiée par de nombreux auteurs en raison de son nombre de cas qui augmente. Ce type de fatigue, qui peut réellement devenir grave, est difficile à diagnostiquer car elle n’est pas aussi connue que la fatigue causée par le stress, l’anxiété ou d’autres émotions.

Quand nous ressentons de la compassion pour une autre personne, nous voulons faire tout ce que nous pouvons pour l’aider à résoudre son problème et pour qu’elle cesse de souffrir. Or, nous pouvons en payer le prix cher.

Qu’est-ce que la fatigue de compassion ?

Ce terme a commencé à être utilisé dans les années 90 : c’est à cette période que le psychologue Charles Figley a observé une série de symptômes en commun chez les soignants, comme le signalent des données historiques à ce sujet.

La fatigue d'une femme.

La fatigue de compassion est fréquente chez les soignants et chez les individus qui veillent sur des personnes âgées ou des malades.

La compassion est un type de réponse qui surgit quand nous voyons la souffrance des autres personnes. Nous avons envie de soulager leur mal-être. C’est pour cela que Figley a défini la fatigue de compassion comme :

« Une profonde empathie vis-à-vis d’une personne qui souffre, avec une grande volonté de soulager cette souffrance ».

Vous n’êtes peut-être pas un professionnel du domaine de la santé, mais une personne qui s’occupe des personnes âgées ou de quelqu’un de malade. Vous êtes peut-être en contact avec quelqu’un qui a vécu un fait traumatique et ceci pourrait vous affecter.

Nous savons aujourd’hui que même ceux qui se chargent de prendre soin des animaux peuvent ressentir cette fatigue de compassion, qui peut déboucher sur une dépression quand on ne lui apporte pas de traitement.

À ce sujet, les études signalent que, quand le contexte et les émotions sont forts, une usure se produit sur le plan physique, mental et émotionnel, et l’on voit prédominer le stress, la tension et le conflit.

Pourquoi la fatigue de compassion se produit-elle ?

Comme nous l’avons mentionné, cette fatigue se produit quand nous suivons des personnes qui ont vécu des traumas ou qui vivent avec une douleur émotionnelle. Elle a plus de chances de surgir quand nous ne pratiquons pas le soin personnel.

S’il n’y a pas d’équilibre entre l’aide que nous offrons aux autres personnes qui souffrent et le devoir que nous avons de préserver notre santé mentale et émotionnelle, notre compassion peut nous conduire vers une souffrance semblable à celle de la personne sur laquelle nous veillons.

La fatigue de compassion est aussi connue sous le nom de syndrome d’usure par empathie – même si elle n’est pas recensée sous ce nom dans les manuels de santé mentale –, ou épuisement émotionnel.

Travailler l'empathie.

Les personnes avec une fatigue de compassion finissent par ressentir des symptômes similaires à ceux dont sont atteintes les personnes vis-à-vis desquelles elles font preuve d’empathie.

Quels sont les symptômes ?

La fatigue de compassion se comporte comme le stress post-traumatique et peut présenter les signes suivants :

  • Ré-expérience : le soignant sent qu’il revit le fait traumatique, même s’il n’en a pas été le protagoniste.
  • Évitement : avec un isolement affectif ou physique vis-à-vis des autres personnes.
  • Hyperactivation : tension et alerte constante.

La personne atteinte par cette fatigue peut tout ressentir comme la personne traumatisée, et peut même arriver au point extrême de vouloir éviter des lieux liés aux faits traumatiques.

C’est pour cela qu’il est nécessaire de prendre des mesures pour l’éviter.

Comment pouvons-nous éviter la fatigue de compassion ?

Même si certaines études indiquent que la fatigue de compassion ne peut pas être empêchée mais seulement être soulagée, il existe bien certains mécanismes à mettre en place pour éviter l’usure. Certaines suggestions pour éviter de tomber dans ce cadre sont les suivantes :

  • Travailler sur ses propres forces pour ne pas tomber.
  • Manger sainement.
  • Pratiquer des activités de loisir.
  • Avoir recours à des techniques de respiration.
  • Pratiquer le mindfulness.
  • Faire de l’exercice ou aller se balader.
  • Être au contact de la nature.
  • Faire de la méditation ou du yoga.
  • Se reposer suffisamment.
  • Éviter de tomber dans la croyance selon laquelle vous pouvez tout résoudre, même les problèmes des personnes qui ont vécu des traumas.
  • En sortant du travail, évitez de répéter ces faits traumatiques dans des conversations avec des proches. Cela pourrait aussi affecter négativement d’autres membres de la famille.
  • Chercher du soutien dans votre réseau d’amis.
  • Chercher du soutien chez les autres professionnels de santé.
Le soutien émotionnel.

Le soutien familial et professionnel est important pour surmonter la fatigue de compassion. Si cela devient nécessaire, on doit avoir recours à la thérapie psychologique.

Pour conclure

Il est indispensable de garder à l’esprit que, même si un épisode que d’autres personnes ont vécu peut être très douloureux, nous ne pouvons pas leur offrir toutes nos ressources pour qu’elles se sentent mieux. Chaque personne doit vivre ses processus à son rythme.

Si vous veillez sur une autre personne, évitez d’endosser le rôle du « sauveur ». Vous êtes un être humain et vous ne pouvez faire que ce qui est à votre portée. Votre bien-être émotionnel passe avant tout et il est nécessaire pour pouvoir continuer à apporter du soutien à ceux qui ont vécu des moments difficiles.

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