La tanorexie ou l’obsession du bronzage

17 mai 2020
La tanorexie est un trouble de caractère psychologique qui peut entraîner de graves problèmes de santé, y compris le cancer de la peau. Il se définit comme une addiction au bronzage, qui conduit au développement de comportements à risque.

La tanorexie est un désir compulsif d’être ou de rester bronzé. Pendant longtemps, il était considéré comme un simple comportement excentrique, mais il n’était pas étiqueté comme une addiction ou un trouble. Cependant, une étude menée en 2005 par un groupe de dermatologue a changé la perception de la tanorexie.

De nos jours, la tanorexie est abordée comme une dépendance car elle remplit tous les critères pour cela. L’étude de 2005 révèle que les personnes qui ont ce type de comportement présentent des schémas de conduites similaires aux autres formes d’addiction, comme l’alcoolisme.

Des études ultérieures ont continué dans le même sens, en précisant les éventuelles causes de la tanorexie, que nous évoquerons dans cet article. Ainsi, ce désir compulsif de prendre le soleil et de bronzer n’est pas, comme on le pensait, une tendance à la mode ni une obsession purement esthétique, mais cela va bien plus loin.

Qu’est-ce que la tanorexie ?

La tanorexie se définit comme une addiction au bronzage. Ceux qui en souffrent éprouvent un besoin obsessionnel d’avoir un teint de peau plus foncé. Pour y parvenir, ils prennent le soleil à l’air libre ou s’exposent à des lampes de bronzage. Mais, ils ne sont jamais satisfaits du teint qu’ils obtiennent.

D’autre part, les experts ne sont pas totalement d’accord sur le fait qu’il s’agisse d’un trouble psychiatrique indépendant, ou s’il constitue une forme de trouble dysmorphique corporel (TDC). Il y a ceux qui disent qu’il faut le classer comme un symptôme, car certains aspects ne sont pas encore suffisamment démontrés scientifiquement.

Les individus qui souffrent de cette obsession ne sont pas conscients des conséquences qui peuvent dériver d’une exposition continue au soleil ou aux rayons des lampes à UV. Ils souffrent d’un besoin obsessionnel de bronzer leur peau et les éventuels risques pour leur santé ne les persuadent pas de modérer leur conduite.

Une femme à la plage avec de la crème solaire sur le dos

Lisez également : Huiles naturelles non toxiques qui agissent comme protecteurs solaires

Symptômes et causes

Selon les études de Feldman et ses collaborateurs, en 2004, les bains de soleil répétés ou les rayons UV augmentent les niveaux de relaxation. En effet, l’exposition aux rayons UV provoque la libération d’endorphines et d’opioïdes dans l’organisme.

Les endorphines sont des substances chimiques cérébrales qui soulagent la douleur et entraînent une sensation d’euphorie. Elles sont sécrétées de façon naturelle depuis l’hypothalamus et l’hypophyse. Par contre, cela se produit seulement en cas de stress émotionnel ou physique. Cela comprend également les situations de douleur ou d’effort intense, d’excitation et d’orgasme.

C’est précisément cette sensation de bien-être qui donne lieu à la dépendance. Une personne tanorexique éprouve le syndrome de manque lorsqu’elle est privée de ses bains de rayons UV. La différence entre une personne qui aime le soleil et un individu tanorexique est que ce dernier présente les symptômes suivants :

  • Désir compulsif de bronzer et frustration permanente de ne pas obtenir une couleur de peau suffisamment foncée
  • Conviction que le teint de peau est plus clair qu’il ne l’est en réalité
  • Anxiété face à la possibilité de perdre le bronzage obtenu
  • Vieillissement prématuré de la peau
  • Des coups de soleil qui sont cachés avec du maquillage
  • Comportement anxieux
Une femme souffrant de tanorexie

Les effets de la tanorexie

Une exposition raisonnable au soleil a des effets positifs sur les états dépressifs. Cela améliore également la photoperception visuelle ainsi que le métabolisme de la vitamine D. En revanche, lorsque l’exposition est excessive, plusieurs problèmes de santé apparaissent.

Tout d’abord, il y a un effet sur la peau qui accélère le vieillissement cutané et favorise la sécheresse. Des brûlures ainsi que diverses formes de cancer de la peau peuvent aussi se présenter. Le soleil en excès entraîne des lésions oculaires, des altérations du système immunitaire, des lésions dans l’ADN et la formation de radicaux libres, entre autres.

D’un point de vue psychologique, la dépendance génère un sentiment d’insécurité plus grand ainsi qu’un manque d’autonomie. Elle exacerbe également l’anxiété, diminue la tolérance à la frustration et influence souvent les relations sociales négativement.

Découvrez aussi : 4 effets néfastes du soleil sur la peau

Que faire ?

Le plus souvent, les personnes atteintes de tanorexie n’acceptent pas d’avoir un problème. Elles consultent généralement le médecin pour des brûlures sur leur peau. Ou pour d’autres complications de santé résultant de leurs excès. Mais elles refusent catégoriquement d’admettre que c’est la cause.

Ce trouble est très semblable à celui de l’anorexie. Alors que dans le cas de l’anorexie, la personne se regarde dans le miroir et se voit grosse alors qu’elle a la peau sur les os, la personne tanorexique se voit blanche même si elle est complètement bronzée avec des coups de soleil sur la peau.

L’approche devrait consister à consulter un professionnel de la santé mentale afin qu’il travaille sur les causes à l’origine de ce comportement. En général, il y a des soucis d’acceptation de soi qui peuvent être traités avec un suivi et un soutien adéquats.

  • Azúa Blanco, M., & Muro Baquero, C. (2014). Tanorexia:¿ a quién afecta?¿ Problemas?. Gerokomos, 25(1), 28-31.
  • Heckman, Carolyn J., et al. « Psychiatric Symptoms of Young Adult Female Indoor Tanners. » Abstract published in Annals of Behavioral Medicine 43 (2012): S160.
  • Behar, Rosa, et al. « Trastorno dismórfico corporal: aspectos clínicos, dimensiones nosológicas y controversias con la anorexia nerviosa. » Revista médica de Chile 144.5 (2016): 626-633.
  • Feldman, Steven R., et al. « Ultraviolet exposure is a reinforcing stimulus in frequent indoor tanners. » Journal of the American academy of dermatology 51.1 (2004): 45-51.