La violence verbale : exemples et recommandations

19 mai 2020
Personne n'a le droit d'insulter, de rabaisser ou de dénigrer un autre être humain. En effet, les relations interpersonnelles doivent être basées sur le respect. C'est pourquoi, en cas de violence verbale, il faut fixer des limites ou signaler la situation.

La violence verbale est, comme son nom l’indique, un type de violence, une agression. C’est pourquoi elle ne devrait pas être autorisée. En effet, des mesures doivent être prises et elle doit être signalée. En tant que type de violence émotionnelle, elle doit être éradiquée car elle porte atteinte à la dignité de la personne de la victime.

Qu’est-ce que la violence verbale ?

On définit la violence verbale comme “un usage excessif de la langue pour porter atteinte à la dignité et à la sécurité d’une personne par des insultes ou des humiliations, soudaines ou répétées“.

La même définition nous dit qu’elle peut prendre de nombreuses formes. C’est-à-dire qu’il peut s’agir d’une insulte, d’un commentaire grossier, etc. De cette façon, la dignité et l’estime de soi de la personne maltraitée sont affectées par l’agresseur, qui considère qu’il a “l’autorité” ou le “privilège” de pouvoir s’attaquer à un autre être humain de cette façon.

La violence verbale, en tant que type de violence émotionnelle, peut se produire dans n’importe quel environnement et affecter n’importe quelle personne. En ce sens, elle peut se produire chez les enfants, les adolescents, les adultes ou les personnes âgées. En outre, elle peut se produire dans différents contextes, par exemple avec un partenaire, entre amis, au travail, etc.

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Que comprend la violence verbale ?

La violence verbale dans le couple

 

La violence verbale ne laisse pas de bleus ni de blessures, mais elle constitue également un type de mauvais traitement et d’agression. Cependant, il est plus difficile à détecter.

Elle peut comprendre :

  • Débordements agressifs (insultes et humiliations)
  • Accusations
  • Culpabilisation de l’autre personne
  • Jugements et critiques humiliants ou grossiers
  • Minimisation, dévalorisation la victime
  • Mépris
  • Ordre, demande, exigences excessives, cris
  • Menaces
  • Surnoms humiliants ou dégradants

Parfois, nous pouvons tous perdre notre sang-froid et dire des choses que nous ne pensons pas. Cependant, nous devons réfléchir et demander pardon en reconnaissant le mal fait à l’autre personne. Cependant, la violence verbale est une pratique répétée et consciente visant à humilier et à dénigrer l’autre personne que l’agresseur considère comme inférieure.

Exemples de violence verbale

Voici quelques exemples :

  • Dans le couple : un partenaire “commande” des choses au lieu de les demander. Il crie aussi avec arrogance, humiliant l’autre. L’agresseur considère l’autre personne comme étant à son service et sans valeur. Il estime également qu’il est de l’obligation de la victime de le “servir”
  • Dans un groupe d’amis : l’agresseur utilise des surnoms humiliants et blessants. Il peut même vous menacer ou vous rabaisser devant tout le monde
  • Au travail : le patron donne des ordres en utilisant des commentaires grossiers – même devant d’autres collègues – pour faire référence à un travailleur ou à son travail. Il y a de l’humiliation en public ou en privé. Sa critique est constante, humiliante et non constructive
  • Les personnes âgées : par exemple, un soignant insulte la personne âgée et lui ordonne de faire des choses sans la respecter, en la rabaissant et en l’humiliant
  • Dans les relations parents-enfants : l’enfant est affublé de surnoms ridicules, insulté ou dévalorisé en se faisant dire qu’il ne sait rien faire ou qu’il est inutile. Dans le cas des enfants, en particulier, les traces laissées par les abus peuvent être reportées à l’âge adulte

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Que faire ?

Une femme victime de violence verbale

 

La première étape consiste à reconnaître que la violence verbale existe. En effet, l’essentiel est d’identifier le problème car, si nous ne le faisons pas, nous ne pouvons rien y faire non plus.

Deuxièmement, des limites doivent être fixées. De fait, ces limites devraient exister avant même que la relation ne naisse, afin que l’agresseur comprenne qu’il n’a pas le privilège ou le droit d’humilier.

D’autre part, si la fixation de limites ne met pas fin aux abus, il est temps de demander de l’aide, qui dépendra de l’ampleur des abus. Ainsi, par exemple, si la violence verbale se produit au sein du couple, un thérapeute ou une autre personne de confiance pourrait intervenir. S’il y a des abus, il faut toujours les signaler.

Toutefois, si la violence verbale se produit entre mineurs à l’école, la victime doit le faire savoir à l’école et aux parents afin que le protocole anti-harcèlement puisse être mis en œuvre.

Dans tous les cas, demander de l’aide ou faire un rapport est certainement l’étape la plus importante. Ce n’est pas facile, en effet, et souvent la victime, en raison de sa faible estime de soi, a créé une relation de dépendance avec l’agresseur.

D’autres fois, la peur des conséquences empêche les personnes qui souffrent d’abus de le signaler ou de demander de l’aide. C’est d’ailleurs ce qui donne autant de poids à l’agresseur (par exemple, le patron menace de le renvoyer).

L’étape la plus importante et la plus fondamentale consiste donc à perdre sa peur et à signaler les abus. Ce n’est qu’à ce moment-là qu’ils cesseront et que la victime pourra enfin retrouver son estime de soi et sa dignité.

 

  • Patricia Evans, The Verbally Abusive Relationship, 2010
  • Claudia Lorena Herrera Roda et al. “El abuso verbal dentro de la violencia domestica”, Med. leg. Costa Rica vol.21 n.1 Heredia Mar. 2004
  • Sharon W Stark, “Verbal Abuse”, Psychology and Behavioral Health, Edition: 4th, Chapter: Volume 5 Essay: Emotional Abuse, Publisher: Salem Press at Greyhouse Publishing, Editors: Paul Moglia, pp.1975-1977