Le soutien familial chez les personnes transgenres : un facteur déterminant

Dans une société où les personnes transgenres sont encore jugées et rejetées dans de nombreuses situations, le soutien familial est essentiel. Il contribue à la lutte contre la stigmatisation.
Le soutien familial chez les personnes transgenres : un facteur déterminant
Montse Armero

Rédigé et vérifié par la psychologue Montse Armero.

Dernière mise à jour : 09 août, 2022

Bien que nous soyons au 21e siècle, les personnes transgenres sont encore confrontées à de nombreux comportements et commentaires discriminatoires. En effet, la probabilité qu’elles rencontrent des obstacles sociaux est très élevée compte tenu du peu de normalisation de leur condition.

Pour cette raison, et comme nous le verrons dans cet article, le soutien communautaire est particulièrement important pour améliorer leurs conditions de vie actuelles. Le soutien affectif de la famille est particulièrement déterminant.

Qui sont les personnes transgenres ?

Selon l’American Psychological Association, transgenre est un terme générique qui définit les personnes dont l’identité de genre, l’expression de genre ou le comportement ne sont pas conformes à ceux généralement associés au sexe attribué à la naissance.

Le concept le plus opposé est celui de cisgenre, qui désigne les personnes dont l’identité de genre coïncide avec le sexe qui leur a été attribué à la naissance. Il y a beaucoup d’autres personnes qui ne s’identifient à aucune des deux étiquettes et se sentent plus à l’aise au sein d’un genre fluide, bigenre, intergenre ou sans genre, par exemple.

Il est important de se rappeler que l’identité de genre n’est pas liée à l’orientation sexuelle. Ainsi, une personne transgenre peut être hétérosexuelle, bisexuelle, homosexuelle, asexuée ou ne pas vouloir se définir sous ces étiquettes.




Les situations discriminatoires les plus courantes

Selon l’article premier de la Déclaration universelle des droits de l’homme, tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ainsi que doués de raison et de conscience, ils doivent donc se comporter fraternellement. Cependant, la réalité est différente et regorge de situations dans lesquelles ce précepte n’est pas respecté.

Les personnes transgenres sont marginalisées dans de nombreux domaines. Par exemple, au niveau du travail, elles subissent une discrimination très marquée. Le chômage de ce groupe en Espagne est d’environ 80 %, et dans certains pays il est proche de 90 %. N’ayant pas les mêmes opportunités, cette situation les expose à un plus grand risque de pauvreté.

Le lieu de travail n’est pas le seul domaine où elles rencontrent des difficultés. Une grande partie des personnes transgenres ont été agressées à un moment donné de leur vie. Elles sont également victimes de discrimination dans les soins primaires ou lorsqu’elles cherchent à louer un logement. Même leur propre environnement est souvent celui qui les juge et les discrimine le plus.

Homme triste.
La discrimination à l’égard des personnes transgenres est source de chômage, de pauvreté et de vulnérabilité.

Le soutien familial comme facteur déterminant

L’adolescence est une étape pleine de changements très importants et au cours de laquelle de nombreuses personnes ont une plus grande conscience de leur identité de genre. Les raisons sont variées. Ces raisons peuvent aller des changements externes, comme une relation plus adulte avec les pairs, aux changements physiologiques qui se produisent et qui mettent en évidence les caractéristiques sexuelles secondaires.

Cela peut être un facteur de stress supplémentaire pour de nombreux adolescents, car leur identité de genre et celle attendue par l’environnement ne doivent pas nécessairement coïncider. Cette situation peut rendre l’acceptation de soi très difficile, notamment en cas de rejet externe explicite.

Selon certaines recherches, les adolescents transgenres sont plus vulnérables aux psychopathologies telles que la dépression, l’anxiété, la consommation de substances et les idées et comportements suicidaires (Toomey et al., 2018).

Cependant, ces chiffres diminuent lorsque la personne transgenre se sent acceptée et soutenue par sa famille. Par conséquent, le rôle des proches est essentiel, comme en témoigne une étude de l’université de Stanford (Hale et al., 2021). Selon les auteurs, la perception qu’ont les adolescents transgenres du soutien de leurs parents est un facteur clé de leur santé mentale.



Comment les proches peuvent-ils soutenir les personnes transgenres ?

Dans le cadre de l’étude de l’Université de Stanford, à la question de savoir quelles actions de leurs parents étaient les plus favorables, les jeunes ont répondu le fait d’être appelé par le prénom qu’ils ont choisi. Bien que cette action puisse sembler banale, elle met en évidence l’acceptation et est donc déterminante pour leur bien-être.

À la même question, les parents ont répondu qu’amener leurs enfants dans une clinique spécialisée en genre et leur fournir des ressources était ce qui pouvait les aider le plus.

En plus de ce point de vue différent, il convient de noter que les jeunes ont qualifié leurs parents de plus altruistes que ce que les parents pensaient d’eux-mêmes. Les parents  avaient le sentiment de ne pas en faire assez, tandis que leurs enfants considéraient qu’ils en faisaient beaucoup.

Il est évident que les conclusions de l’étude de Stanford ne coïncident pas nécessairement avec le sentiment individuel d’autres enfants, jeunes ou adultes transgenres. Cependant, sachant que le soutien familial est essentiel à une bonne santé mentale, il faut garder cela à l’esprit.

Thérapie familiale avec un enfant transgenre.
Bien que les parents estiment que les consultations spécialisées soient le meilleur soutien pour leur enfant transgenre, le traitement à domicile est plus pertinent pour les enfants et les adolescents.

Le soutien familial aux personnes transgenres devrait être la norme

Être jugé et rejeté par une partie importante de la population n’est pas une situation facile à gérer émotionnellement. Encore moins pour ceux qui subissent fréquemment la discrimination, comme c’est le cas des personnes transgenres.

Il est vrai qu’aujourd’hui des progrès sont notables et que c’est un groupe qui a de plus en plus de visibilité, mais nous avons encore un long chemin à parcourir en tant que société pour que les personnes transgenres ne subissent aucune forme de discrimination.

Pour cette raison, il est essentiel que les familles, l’axe fondamental des tout-petits, soient conscientes du rôle important qu’elles jouent lorsqu’il s’agit pour un jeune de vivre son identité de genre de la manière la plus saine et la plus naturelle possible.

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