Prolactine : qu’est-ce que c’est et comment ça fonctionne ?

11 novembre 2019
Le taux de prolactine varie tout au long de la vie. Pendant l'enfance, le taux est élevé, puis il diminue au fur et à mesure jusqu'à l'âge adulte.

La prolactine est une hormone composée de plusieurs peptides qui est essentiellement synthétisée par les cellules de l’anté-hypophyse.

Au fur et à mesure des avancées de l’étude de la physiologie et de la biochimie de cette hormone, il a été découvert qu’elle exerce plus de 300 fonctions dans différents tissus et organes du corps.

La production de lait dans les glandes mammaires et la synthèse de progestérone dans le corps jaune sont les fonctions principales de cette hormone.

L’allaitement favorise une meilleure qualité de la synthèse de cette hormone. Elle est régulée par une rétroalimentation positive.

Cette hormone varie facilement en fonction de différents facteurs qui augmentent ou diminuent le stress.

Les fonctions de la prolactine dans l’organisme

Étant donné la vaste répartition des récepteurs de cette hormone dans l’organisme des mammifères, il n’est pas étonnant que cette hormone exerce de nombreuses actions au sein de l’organisme. Voyons celles qui sont le plus étudiées.

La reproduction

La prolactine joue un rôle important dans le développement aussi bien morphologique que fonctionnel de la glande mammaire, ainsi que dans l’activité sécrétrice du corps jaune. Cette hormone affecte donc les fonctions reproductrices.

Grâce à cette hormone, les structures lobulo-alvéolaires de la glande mammaire peuvent se ramifier, croître et se développer pendant la grossesse.

Par ailleurs, à l’heure de synthétiser le lait, cette hormone remplit plusieurs fonctions. La prolactine :

  • stimule la captation d’acide aminé
  • augmente la synthèse de caséine et de lactalbumine
  • stimule la captation de glucose
  • augmente la synthèse de lactose et d’acides gras du lait

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La prolactine et l'allaitement

L’homéostasie

En plus de réguler les fonctions reproductrices, la prolactine contrôle également un ensemble de fonctions autorégulatrices qui conduisent au maintien de la composition et des propriétés du milieu intérieur de l’organisme.

Parmi ces fonctions, les actions immunorégulatrices de la prolactine se démarquent ; ces actions sont directement ou indirectement impliquées dans le développement et la maturation des cellules du thymus et des organes lymphoïdes périphériques.

La prolactine régule également l’homéostasie en contrôlant le transport des ions sodium, du calcium et du chlorure à travers les membranes épithéliales de l’intestin ; elle régule aussi la capture d’acides aminés par les cellules épithéliales des glandes mammaires ainsi que celle d’autres ions et de l’eau dans le rein.

Au niveau des glandes sudoripares et des glandes lacrymales, la prolactine module leur composition ionique.

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La régulation de la sécrétion de la prolactine

Les stimuli physiologiques qui régulent la sécrétion de prolactine sont nombreux :

  • la tétée pendant la période d’allaitement
  • le stress
  • l’augmentation des stéroïdes de l’ovaire, notamment les œstrogènes
  • d’autres stimuli

L’hypothalamus recueille tous ces stimuli et commence alors à synthétiser des facteurs libérateurs de prolactine et des facteurs inhibiteurs. De cette façon, l’hypothalamus exerce un effet majoritairement inhibiteur sur la synthèse et la sécrétion de prolactine.

La synthèse et la sécrétion de cette hormone sont influencées par de nombreux autres facteurs libérés par d’autres cellules de l’anté-hypophyse ainsi que d’autres cellules de l’hypophyse.

Par ailleurs, la dopamine est le plus grand inhibiteur de la synthèse et de la sécrétion de prolactine. Ce neurotransmetteur, après interaction avec les récepteurs dopaminergiques D1 au niveau de la membrane des cellules lactrotopes, exerce sa fonction inhibitrice.

D’autres substances modulent également la sécrétion de prolactine :

  • Histamine : cette substance agit via les récepteurs H1 et H2. L’activation des premiers a un effet stimulateur sur la sécrétion de prolactine. À l’inverse, l’activation des H2 inhibe la sécrétion de prolactine
  • Acétylcholine : l’activation de cette substance favorise la sécrétion de dopamine et l’inhibition conséquente de la sécrétion de prolactine
  • L’hormone stimulatrice de la thyroïde : en plus de sa fonction sur la glande thyroïde, cette hormone stimule la sécrétion de prolactine par les cellules lactrotopes de l’hypophyse
La sécrétion de prolactine

Les patrons de sécrétion hypophysaire de prolactine

Le taux de prolactine varie tout au long de la vie. Pendant l’enfance, ce taux est élevé, puis il diminue au fur et à mesure jusqu’à l’âge adulte.

Au cours de la vieillesse, le taux augmente à nouveau à cause de l’affaiblissement du contrôle inhibiteur de l’hypothalamus.

Par ailleurs, les concentrations plasmatiques de prolactine varient également tout au long de la journée. Elles sont plus importantes pendant la phase de sommeil que pendant la phase de veille.

En somme…

La prolactine est une hormone naturelle de l’organisme qui intervient dans de nombreux processus biochimiques. Néanmoins, ses principales fonctions sont liées à la reproduction et à l’homéostasie.

Il est important de contrôler le taux de cette hormone : une augmentation ou une diminution de cette hormone peut provoquer l’apparition de différents symptômes. Consultez un médecin ou un pharmacien si vous avez le moindre doute.

 

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