Sialorrhée : causes et traitement

14 octobre 2020
La sialorrhée se définit comme une perte involontaire et passive de la salive dans la bouche. Il s'agit d'un problème médical pertinent car, bien qu'elle n'occasionne pas souvent de complications physiques, elle a des conséquences sur la qualité de vie de la personne.

La sialorrhée est ce que l’on appelle dans le langage courant le fait de baverCette condition est normale chez les enfants de 15 à 36 mois. Cependant, elle est considérée comme anormale si elle se présente après l’âge de 4 ans.

Même si la sialorrhée semble être une affection qui ne touche que l’apparence, elle peut également être associée à des conditions de santé graves, telles que la paralysie cérébrale ou la maladie de Parkinson. Elle peut aussi résulter d’une grossesse ou de l’ingestion de certains médicaments.

Quelles sont les causes de la sialorrhée ?

La sialorrhée est une pathologie qui se caractérise par l’incapacité à retenir la salive dans la bouche et à la laisser progresser dans le tube digestif. Elle est également connue sous le nom de ptyalisme et est causée par une production excessive de salive ou une anomalie dans la façon de la traiter.

Les causes les plus fréquentes de la sialorrhée sont les maladies neurologiques. Comme nous l’avons mentionné, on trouve parmi elles la paralysie cérébrale et la maladie de Parkinson. Mais elle se présente aussi chez les personnes souffrant de sclérose latérale amyotrophique (ELA), du syndrome de Riley-Day ou des séquelles d’un infarctus cérébral.

Cette condition est également commune chez les personnes qui ingèrent des antipsychotiques, hypnotiques ou des tranquillisants. Elle peut se manifester aussi pendant la grossesse. En effet, il y a généralement une augmentation soudaine de la production de salive entre la seconde et la quatrième semaine de gestation.

Un bébé qui bave.

“Chez les bébés et jeunes enfants, le fait de baver est considéré comme normal car cela fait partie du développement.”

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Ses caractéristiques

Les glandes salivaires sont responsables de la production de la salive. Elles sont au nombre de trois: parotide, sous-mandibulaire et sublinguale. La première génère une salive fine, tandis que les deux autres produisent un liquide plus épais qui est généralement sécrété de façon continue. C’est celui qui entraîne la plupart du temps un étouffement.

Sur une journée, ces glandes produisent environ un litre et demi de salive. Dont 70% est sécrété par les glandes sous-mandibulaires et sublinguales. En tant que telle, la sialorrhée n’est pas une maladie qui évolue vers une autre condition grave. Cependant, elle affecte sévèrement la qualité de vie de la personne.

D’autre part, il n’existe pas de médecin spécialisé dans le traitement de la sialorrhée. Si vous avez des soupçons, vous pouvez consultez un médecin généraliste. Il vous orientera alors vers un spécialiste en fonction de la cause à l’origine du problème.

Classification de la sialorrhée

Du point de vue de son origine, la sialorrhée se classe en deux groupes:

  • Antérieure : elle provient d’une déficience neuromusculaire liée à une production excessive de salive. Elle entraîne alors le déversement du liquide par les commissures de la bouche ou par la lèvre inférieure.
  • Postérieure : lorsque le problème provient de l’écoulement de la salive depuis la langue vers le pharynx.

Selon l’échelle d’évaluation de Thomas-Stonell et Greenberg, la sialorrhée peut être classée en fonction de sa sévérité ou de sa fréquence. L’évaluation est donc la suivante :

  • Bouche sèche.
  • Légère (lèvres humides).
  • Modérée (lèvres et menton humides).
  • Sévère (vêtements mouilles).
  • Abondante (elle mouille les habits, les mains et les ustensiles).

L’échelle est la suivante selon la fréquence :

  • Il n’y a jamais de bave.
  • Bave occasionnelle.
  • Sialorrhée fréquente.
  • Bave constante.

Conséquences de la sialorrhée

La sialorrhée est un problème médical important car elle entraîne un handicap notable ainsi qu’une difficulté supplémentaire dans la prise en charge des patients souffrant de troubles neurologiques. Logiquement, cette affection développe des conséquences notoires, comme la desquamation des lèvres, une fatigue musculaire, une dermatite, des changements de goût ainsi que des difficultés vocales.

Toutefois, d’un point de vue physique, le risque le plus important est celui d’une pneumonie par aspiration en raison des difficultés à avaler les aliments. Ce type de patients est également plus sensible aux infections bucco-dentaires.

Par ailleurs, les conséquences psychosociales peuvent être assez graves. Effectivement, le fait de baver génère un rejet social, y compris chez les soignants. Cela limite aussi l’exécution normale des activités quotidiennes.

Un homme âgé avec une soignante.

“Les maladies neurologiques, telles que la maladie de Parkinson, comptent la sialorrhée parmi leurs symptômes.”

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Traitements recommandés

Il existe trois moyens de traiter la sialorrhée : la logopédie, le traitement pharmacologique et l’intervention chirurgicale. L’approche orthophonique consiste à effectuer une série d’exercices pour inhiber les réflexes pathologiques. Le but est d’améliorer la fermeture des lèvres ainsi que la succion ou la déglutition de la salive. Un entraînement continu permet d’y arriver.

Quant au traitement pharmacologique, il s’effectue au moyen d’anticholinergiques, qui aident à diminuer la sécrétion de salive. Ces médicaments doivent s’accompagner d’exercices. D’autre part, certaines personnes présentent une intolérance face à ce type de médicaments.

L’injection de toxine botulique de type A est également possible. Elle est appliquée directement dans les glandes salivaires et permet de réduire la production de salive. Son côté positif, c’est qu’elle génère peu d’effets secondaires.

Enfin, si aucune de ces mesures ne fonctionne, le professionnel optera certainement pour une intervention chirurgicale. Dans tous les cas, chaque patient réagit différemment. Une combinaison de mesure est parfois nécessaire pour lutter efficacement contre la sialorrhée.

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