Acénocoumarol : mécanisme d'action et interactions

L'acénocoumarol est l'anticoagulant le plus utilisé. Sa principale indication est la prévention de la thrombose : il inhibe l'action de la vitamine K.
Acénocoumarol : mécanisme d'action et interactions

Dernière mise à jour : 13 avril, 2022

L’acénocoumarol est le principe actif du médicament commercialisé sous le nom de Sintrom. C’est un médicamentaux propriétés anticoagulantes. C’est pourquoi il est prescrit pour prévenir la formation de caillots sanguins.

Son mécanisme d’action repose sur une action contre la vitamine K. Cette vitamine est essentielle pour déclencher les mécanismes de coagulation.

Il est pratiquement identique à la warfarine (Coumadine), car les deux appartiennent au groupe des anticoagulants coumariniques. Cependant, son utilisation est plus répandue dans les pays anglo-saxons. Sintrom est l’anticoagulant le plus utilisé dans notre environnement.

Comment le sang coagule-t-il ?

Dans des conditions normales, la coagulation commence face à une hémorragie, empêchant la perte de sang. Ainsi, par exemple, face à une agression qui provoque une blessure, une série de mécanismes sont activés qui arrêtent l’hémorragie.

Ces mécanismes peuvent être divisés en deux groupes, selon leur fonction au moment où ils agissent :

  • Les mécanismes primaires agissent pratiquement immédiatement après l’agression
  • Les mécanismes secondaires mettent un peu plus de temps à agir.

Après l’agression, les parois du vaisseau sanguin blessé se rétrécissent. Ce processus est appelé vasospasme. Son objectif est de limiter la quantité de sang qui traverse le vaisseau endommagé pour éviter sa perte. Ensuite, un bouchon plaquettaire se forme. Les plaquettes adhèrent, d’une part, au collagène du vaisseau lésé et, d’autre part, entre elles.

Après cette première phase, la cascade de coagulation démarre. Enfin, un caillot de fibrine ferme et insoluble se forme, ce qui prévient les saignements. Pour cela, une série de réactions séquentielles sont produites dans lesquelles les principaux protagonistes sont les facteurs de coagulation.

Coagulation du sang.

Les facteurs de coagulation

Il s’agit de 13 molécules de nature protéique. Elles sont impliquées dans la cascade des réactions de coagulation. Elles s’activent mutuellement, jusqu’à ce que finalement le fibrinogène soit converti en fibrine et que le caillot se forme.

Certaines d’entre elles ont besoin de vitamine K pour être activées, et donc remplir leur fonction. L’activation a lieu dans le foie par un processus appelé gamma carboxylation. Les facteurs II, VII, IX et X et les protéines C et S dépendent de la vitamine K.



Le mécanisme d’action de l’acénocoumarol

L’acénocoumarol agit comme “antivitamine K”. Ainsi, il inhibe la gamma.carboxylation, un processus qui se déroule dans le foie et pour lequel cette vitamine est essentielle.Une fois que les facteurs de coagulation dépendants de la vitamine K sont dans un état inactif, la cascade de coagulation ne peut pas se poursuivre. C’est pour cette raison que le sang reste à l’état liquide.

Le foie.

Quand l’acénocoumarol est-il prescrit ?

C’est le médicament de choix pour le traitement et la prophylaxie des maladies thrombotiques. Par ailleurs, il est prescrit à titre préventif après des interventions chirurgicales, notamment après une intervention en traumatologie, par exemple une opération au genou ou à la hanche.

Voici quelques exemples de maladies traitées avec l’acénocoumarol :

  • Thrombose veineuse profonde et thromboembolie pulmonaire
  • Prévention de la formation de thrombus dans les « états d’hypercoagulabilité »
    •  Il est indiqué chez les personnes ayant déjà subi un accident thrombotique. Les états d’hypercoagulabilité sont des pathologies qui prédisposent les personnes à la coagulation et à la formation d’un thrombus.
  • Chez les jeunes patients souffrant de thromboses à répétition sans facteur de risque connu.
  • Prévention de la formation de thrombus et d’une embolie conséquente dans les maladies cardiaques
    • Dans ce contexte, la prévention de la fibrillation auriculaire et des maladies valvulaires revêt une importance particulière. De plus, les personnes porteuses de prothèses valvulaires ou ayant subi une cardioversion doivent également être traitées.

Les contre-indications de l’acénocoumarol

L’acénocoumarol est fondamentalement contre-indiqué dans toute situation où il existe un risque élevé de saignement. De plus, son administration doit être évitée dans les cas suivants :

  • Ulcère gastrique actif et diverticulite
  • Personnes atteintes d’un anévrisme disséquant de l’aorte
  • Antécédents d’hémorragie cérébrale récente ou de chirurgie oculaire ou cérébrale récente
  • Hypertension ou insuffisance rénale ou hépatique sévère
  • Cancer urologique, pulmonaire ou digestif



Les interactions possibles

La prise d’autres médicaments peut altérer les effets de l’acénocoumarol. Il existe aussi des médicaments qui peuvent augmenter ses effets. Parmi les médicaments qui peuvent renforcer ses effets, figurent les suivants :

  • Stéroïdes anabolisants (les “stéroïdes anabolisants” populaires)
  • Hormones androgynes (thérapies de remplacement hormonal)
  • Certains antiarythmiques, comme l’amiodarone ou la quinidine
  • Certains antibiotiques, comme l’érythromycine ou les tétracyclines
  • Acide clofibique et ses dérivés
  • Hormones thyroïdiennes utilisées dans les traitements de remplacement

Les antidiabétiques oraux sont d’autres médicaments qui renforcent ses effets. Dans ces cas, la gravité réside dans le fait que l’effet hypoglycémiant est renforcé. De ce fait, la “baisse de sucre” est plus importante.

Parmi les médicaments qui peuvent atténuer ses effets, figurent les suivants :

  • Contraceptifs oraux
  • Barbituriques.
  • Griséofulvine
  • Carbamazépine

De même, l’acénocoumarol peut également augmenter ou diminuer les effets d’autres médicaments. Par exemple, la prise simultanée d’acénocoumarol et de dérivés d’hydantoïne augmente la concentration sanguine de ces derniers, renforçant leur effet. Parmi les dérivés de l’hydantoïne, figurent la phénytoïne (anticonvulsivant) et le dantrolène, utilisé pour traiter l’hyperthermie maligne.

La consommation excessive d’alcool est totalement contre-indiquée. Il en est de même pour le millepertuis.

Si votre médecin vous a prescrit de l’acénocoumarol ou vous a informé qu’il le fera, assurez-vous de lui indiquer tout médicament que vous prenez. Vous devez également lui indiquer si vous avez subi une intervention chirurgicale à l’estomac ou à l’intestin.

Surdosage

Un surdosage de ce médicament provoque l’apparition d’hémorragies. Pour les stopper, il suffit généralement d’arrêter de prendre l’acénocoumarol. Dans les cas plus graves, la vitamine K sera administrée de manière progressive.

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