Dysphorie post-coïtale ou “sex blues” : les causes

27 janvier 2021
Lorsque l'activité sexuelle prend fin, nous éprouvons généralement un sentiment de détente et de bien-être. Mais pourquoi nous ressentons parfois une certaine tristesse ou angoisse ? Dans ce cas, nous parlons de dysphorie post-coïtale.

Le sexe est une activité agréable qui est généralement très gratifiante pour les partenaires. Mais ce n’est pas toujours le cas. Parfois, certaines personnes éprouvent des sensations d’angoisse, de tristesse ou de désarroi après une relation sexuelle. Ce syndrome est connu sous le nom de dysphorie post-coïtale.

Si vous vous êtes déjà retrouvé dans cette situation, pas d’inquiétude, cela arrive chez davantage de personnes qu’on ne le pense. Cependant, il est nécessaire d’analyser en profondeur les éventuelles causes afin d’éviter que ce syndrome ne devienne chronique.

La sphère sexuelle est une partie importante de la santé des personnes et de la dynamique de leurs relations. Elle est souvent liée à d’autres domaines de la vie de manière bidirectionnelle. Par conséquent, les problèmes personnels ont tendance à affecter l’activité sexuelle ainsi que les dysfonctionnements sexuels affectent le bien-être général.

Dès lors, même si les difficultés de ce type sont souvent cachées par honte ou par culpabilité, il est fondamental de les aborder afin d’atteindre un bien-être total.

Qu’est-ce que la dysphorie post-coïtale ?

Un couple dans l'intimité.

La dysphorie post-coïtale est également connue comme le “sex blues”. Toutefois, il ne s’agit pas d’une dépression en soi, mais plutôt de la présence d’émotions négatives telles que la tristesse, l’anxiété ou la nostalgie après une relation sexuelle. Ces sensations peuvent durer quelques minutes, voire plusieurs heures.

Par ailleurs, ces émotions peuvent apparaître après un rapport sexuel avec un partenaire ou suite à une masturbation. Elles affectent les hommes et les femmes de tout âge. Cela n’a aucun rapport avec le fait que la relation fut satisfaisante ou non. Cette dysphorie peut effectivement survenir suite à des rapports consensuels, désirés et plaisants.

En général, après une relation sexuelle, nous éprouvons des sensations de détente et de bien-être. Néanmoins, dans le cas de la dysphorie post-coïtale, il y a une dysfonction dans la phase de résolution du cycle de réponse sexuelle. Pour la même raison, les émotions sont alors troublantes et désagréables.

Il s’agit d’une condition qui est généralement rare. Environ 41 % des hommes et 46 % des femmes affirment l’avoir vécu à un moment donné de leur vie, selon diverses études.

Dans la plupart des cas, cela est sans importance et correspond à une situation transitoire. Cependant, lorsque la dysphorie post-coïtale survient trop souvent, il est essentiel d’analyser les causes.

Quelles sont les causes ?

Les causes de la dysphorie post-coïtale ne sont pas encore tout à fait claires. Les preuves scientifiques ne sont pas suffisamment solides. Toutefois, la principale théorie affirme que ce syndrome est lié aux processus biochimiques impliqués dans la réponse sexuelle.

Nous savons que durant l’orgasme, de grandes quantités d’hormones génératrices de bien-être sont libérées. D’autre part, lors de ce processus, deux zones importantes du cerveau sont désactivées : le lobe frontal et l’amygdale, respectivement impliquées dans le raisonnement et les émotions primitives telles que l’anxiété.

Par conséquent, après l’orgasme, l’organisme revient à son état de base et cela peut déclencher des émotions négatives. En outre, il existe plusieurs hypothèses qui peuvent compléter la précédente au sujet de la dysphorie post-coïtale :

  • Les personnes avec une éducation trop rigide ou religieuse peuvent avoir des croyances erronées autour du sexe. Elles l’associent au péché, à la culpabilité ou à la honte. Ce qui peut déclencher le fameux “sex blues”.
  • Les personnes ayant subi un viol ou des abus sexuels, quels qu’ils soient, sont plus sensibles à la dysphorie post-coïtale et à l’expérimentation d’émotions négatives après l’acte sexuel.
  • Parfois, la dysphorie post-coïtale est due à l’incapacité de maintenir une connexion suffisamment profonde avec son ou sa partenaire sexuel. En d’autres termes, parce que nous ne sommes pas préparés physiquement ou émotionnellement à maintenir ce type de relations occasionnelles.
  • Les problèmes de couple peuvent également influencer dans l’apparition de ce syndrome. L’intimité nous rend parfois plus conscient des conflits, des rancœurs ou des insatisfactions qui, lorsqu’ils sont mis en lumière, génèrent de la tristesse ou une angoisse.

Traitement de la dysphorie post-coïtale

Comme nous venons de le mentionner, si le “sex blues” survient de façon sporadique, il n’y a pas de raison de s’inquiéter. En général, c’est quelque chose de transitoire qui se résout sans le besoin d’une attention professionnelle. Par ailleurs, si le problème devient fréquent, le traitement visera à solutionner les causes à l’origine.

Ainsi, après avoir écarté l’existence d’une quelconque altération organique, il faudra aborder les croyances personnelles à propos du sexe. Si la sexualité est considérée comme un tabou, ou qu’il y a des pensées de culpabilité ou de honte, il sera nécessaire de restructurer ces croyances.

D’autre part, si la personne a subi des abus, il est primordial de travailler cet aspect avec un psychothérapeute afin que ces traumatismes passés cessent d’interférer dans le fonctionnement présent. De même, en cas de problèmes au sein du couple, une thérapie commune peut être réellement positive pour résoudre les conflits.

En général, il est préférable que la relation ne se termine pas juste après l’orgasme. Autrement dit, les deux partenaires doivent passer quelques minutes à se caresser, s’embrasser ou continuer à partager un lien au-delà du sexe.

Comment agir en cas de dysphorie post-coïtale ?

Un psychologue et son patient.

“Si vous vous sentez triste ou affecté émotionnellement après vos rapports sexuels, consultez un psychologue de confiance.”

Mais avant tout, si vous éprouvez un “sex blues”, autorisez-vous à ressentir cette tristesse et demandez-vous d’où elle vient. Nous nous connaissons souvent mieux que nous le pensons, mais nous avons simplement peur de nous écouter.

Enfin, si vous le jugez nécessaire, n’hésitez pas à chercher un soutien professionnel de la part de votre médecin ou d’un psychologue. La sexualité fait incontestablement partie de votre santé.

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