Enzymes digestives : à quoi servent-elles ?

13 août 2020
Les enzymes digestives sont chargées de transformer les aliments en molécules plus simples pour qu'elles puissent être absorbées par le corps. Sans les enzymes, la digestion des aliments serait impossible.

Les enzymes digestives sont des molécules qui sont chargées de dégrader les aliments en portions plus simples pour que le corps puisse absorber les nutriments dont il a besoin. Celles-ci accélèrent les réactions chimiques en remplissant des fonctions spécifiques, et le processus de digestion ne pourrait pas se faire sans elles.

Il faut savoir que les enzymes se trouvent dans différentes parties du tube digestif : la salive, l’estomac, le suc pancréatique, et jusqu’aux sécrétions intestinales. De plus, l’endroit où elles se trouvent est lié à leur fonction et aux conditions dont elles ont besoin pour pouvoir s’activer.

Que sont les enzymes digestives ?

Les enzymes sont des molécules, plus communément des protéines, produites par l’organisme. Elles mènent à bien leur fonction à travers de nombreuses réactions chimiques dans le corps, mais toutes sont spécifiques et ont des substrats uniques dans lesquelles elles agissent.

Cela signifie que même s’il existe plusieurs types d’enzymes, une carence d’une seule d’entre elles peut produire certains problèmes. C’est le cas de la carence en lactase, l’enzyme qui dégrade le sucre du lait et provoque une intolérance au lactose.

Quel est le rôle des enzymes digestives ?

 

Lisez cet article : Comment savoir si mon enfant souffre d’intolérance au lactose ?

Types d’enzymes digestives

Comme nous l’avons mentionné, il existe différents types d’enzymes digestives et chacune d’entre elles agit sur un nutriment ou un substrat en particulier. Entre celles-ci on trouve :

  • Amylase salivaire et pancréatique : convertit l’amidon en glucose
  • Lipases gastriques et pancréatiques : elles décomposent les lipides en acides gras et en glycérol
  • Cholestérolase et phospholipase : elles dégradent le cholestérol et les phospholipides
  • Protéases : elles sont sécrétées dans la lumière intestinale sous leur forme inactive, et sont responsables de la dégradation des protéines

À quoi servent les enzymes ?

Comme nous l’avons mentionné, sans les enzymes, les nutriments contenus dans les aliments ne peuvent se dégrader, et le corps ne pourrait pas les absorber. Leur action est assez complexe, alors pour mieux la comprendre, nous détaillerons leur manière d’agir ci-dessous.

1. Dégradation des glucides

La dégradation de ce nutriment commence dans la bouche, là où l’amylase salivaire commence à exercer son action. Souvent, son effet est limité parce qu’il dépend du temps de mastication.

Une étude publiée dans la revue internationale Molecular Sciences suggère que si on mastique beaucoup le pain blanc, on pourra ressentir un léger goût sucré. Cela s’explique par la dégradation de l’amidon.

L’amylase pancréatique poursuit le processus de dégradation. Les sucs produits dans le pancréas sont libérés quand l’estomac vide son contenu dans l’intestin grêle. On trouve certains enzymes dans les sucs pancréatiques, ainsi que dans les lipases et les protéases.

Enfin, les unités plus simples de glucides, de glucose, de fructose et de galactose peuvent être absorbées par le corps.

La digestion des glucides se fait grâce aux enzymes digestives.

 

2. Dégradation des protéines

La digestion des protéines commence dans l’estomac avec la pepsine gastrique, que produit l’estomac. La grande partie de la digestion des protéines se fait dans la première puis la seconde portion de l’intestin grêle, là où agissent les protéases pancréatiques.

Ces protéases arrivent à l’intestin sous forme inactive. Si elles étaient activées avant cette étape, elles pourraient auto-digérer le pancréas et générer de grandes complications.

3. Dégradation des graisses

La digestion des lipides commence dans l’estomac avec la lipase gastrique et représente 10 % du processus de digestion. Ensuite, la lipase pancréatique poursuit cette action quand les graisses arrivent à l’intestin, cette étape représente 90 % de la dégradation des graisses.

Pour que les enzymes qui dégradent les graisses et le cholestérol fonctionnent correctement, on a besoin de la bile. Cette dernière est produite par le foie et est stockée dans la vésiculaire biliaire.

Avec l’arrivée des graisses à la lumière intestinale, et par des signaux nerveux, la bile est libérée pour travailler avec les lipases, les phospholipases et la cholestérolase.

Cet article va peut-être vous intéresser : Régime après une cholécystectomie ou une ablation de la vésicule biliaire 

Facteurs qui affectent la production d’enzymes

Il existe de nombreux facteurs pouvant affecter la production ou le fonctionnement des enzymes. Voici quelques-unes des situations les plus communes :

  • Alimentation déficiente
  • Troubles gastro-intestinaux et une malabsorption intestinale
  • Insuffisance pancréatique
  • Fibrose kystique
  • Vieillissement
  • Etc

 

Que devons-nous retenir sur les enzymes digestives ?

Les enzymes digestives jouent un rôle très important en dégradant les nutriments que contiennent les aliments. Ainsi, quand le corps fonctionne correctement, les enzymes fonctionnent de manière optimale dans le métabolisme des glucides, des graisses et des protéines.

Cependant, quand on souffre d’une maladie métabolique ou d’une autre situation qui altère la production d’enzymes, il se peut que les aliments ne soient pas dégradés comme ils le devraient. Par conséquent, cela générera une malabsorption ou une malnutrition.

 

  • García Luna P, López Gallardo G. Evaluación de la absorción y metabolismo intestinal. Nutr Hosp. 2007;22(2):5-13.
  • Woolnough J, Bird A, Monro J ,Brennan C. El efecto de una breve exposición a α-amilasa salival durante la masticación en los subsiguientes perfiles de curva de digestión in vitro de almidón.Int J Mol Sci.2010;11(8): 2780–2790.
  • Segura Campos M, Chel Guerrero L, Betancur Ancona D.Efecto de la digestión en la biodisponibilidad de péptidos con actividad biológica. Rev Chil Nutr Vol. 2010; 37(3): 386-391.