Hyperemesis gravidarum : des nausées matinales puissantes

Les nausées matinales fréquentes peuvent être plus qu'une simple gêne passagère.
Hyperemesis gravidarum : des nausées matinales puissantes

Dernière mise à jour : 10 août, 2022

Si des nausées ou des vomissements surviennent le matin pendant les premiers mois de grossesse, c’est normal. Mais lorsque ceux-ci sont très constants ou s’aggravent, on parle alors de hyperemesis gravidarum.

Les étourdissements, une fréquence cardiaque rapide, une déshydratation et une perte de poids peuvent également survenir. Par conséquent, si des mesures ne sont pas prises, la santé de la femme ou du fœtus peut être affectée.

Que signifie hyperemesis gravidarum ?

Hyperemesis gravidarum est le terme utilisé pour désigner les nausées matinales graves qui surviennent fréquemment ou de manière excessive. Et bien qu’elles soient dites “matinales”, elles peuvent survenir à n’importe quel moment de la journée.

D’autre part, les nausées surviennent généralement entre les semaines 6 et 8 de la grossesse. Elles ont tendance à disparaître au début du deuxième trimestre.

L’hyperemesis gravidarum dure plus longtemps. Parfois, cette condition s’améliore après la semaine 20, mais d’autres fois, elle dure toute la grossesse.

L’incidence de cette condition peut varier. Selon les recherches, environ 70 % des femmes souffrent de nausées, et dans entre 0,3 % et 2 % des cas, elles sont graves. Il est possible que le nombre de cas soit plus important, car pas toutes les femmes ne se rendent dans un établissement hospitalier.

Les symptômes de l’hyperemesis gravidarum

Outre de puissantes nausées au petit déjeuner ou à d’autres moments de la journée, accompagnées de vomissements, des symptômes digestifs peuvent survenir dans l’hyperemesis gravidarum, ainsi que d’autres symptômes, tels que :

  • Difficulté à manger ou à boire
  • Salivation excessive
  • Mauvais goût dans la bouche
  • Soif persistante
  • Sensibilité accrue aux odeurs
  • Faible débit urinaire
  • Constipation
  • Pression artérielle faible
  • Tachycardie
  • Sensation de vertige



Causes et facteurs de risque associés

On pense que les nausées pendant la grossesse sont causées par une production accrue de gonadotrophine chorionique humaine (hCG), libérée par le placenta. L’apparition des symptômes correspond à une élévation rapide de cette substance.

On pense également que d’autres hormones peuvent être impliquées. Parmi elles, figure le cortisol, les prostaglandines, les œstrogènes, associés à une sensibilité olfactive accrue, et la progestérone, qui affecte les mouvements péristaltiques, entre autres.

La cause exacte par laquelle les nausées et les vomissements peuvent être aggravés est inconnue. Cependant, certains facteurs de risque associés à l’hyperemesis gravidarum ont été identifiés :

  • Antécédents personnels et familiaux
  • Tendance à souffrir de vertiges (mal des transports) ou de migraines
  • Grossesse multiple
  • Grossesse molaire ou môle hydatiforme
  • Maladie trophoblastique gestationnelle
  • Faible taux de sucre dans le sang
  • Présence d’Helicobacter pylori
  • Surpoids ou obésité
  • Stress
Femme qui vomit dans les toilettes.
Les nausées de cette condition sont excessives et rendent difficile l’alimentation de la mère, c’est pourquoi elles sont considérées comme risquées.



Le diagnostic de l’Hyperemesis gravidarum

Le diagnostic est établi en tenant compte des antécédents du patient et en effectuant à la fois une anamnèse et un examen physique détaillé. C’est ainsi que l’état du fœtus est évalué et que l’on vérifie s’il y a déshydratation.

Il faut exclure que les nausées et vomissements soient liés à d’autres affections du système digestif ou endocrinien ou à des problèmes neurologiques ou psychologiques. La raison en est qu’il existe divers troubles pouvant causer ces symptômes.

Du côté des tests, des analyses de sang et d’urine, des échographies abdominales et obstétricales, des tests de la fonction rénale, entre autres, sont recommandés.

Les options de traitement de l’hyperemesis gravidarum

Le traitement de l’hyperemesis gravidarum dépendra de la puissance des nausées au petit déjeuner. Ou en d’autres termes, de la gravité des symptômes.

Alimentation IV ou par sonde

L’une des premières mesures peut comprendre l’arrêt de la prise de nourriture et l’administration de liquides par sonde ou par voie intraveineuse. Selon les besoins, les électrolytes et les vitamines seront reconstitués, et des médicaments seront administrés.

Une fois stabilisé, le patient peut reprendre la prise de liquide. S’il les tolère, il recommencera à manger des aliments solides très lentement.

Médicament

Parmi les médicaments qui peuvent être administrés, toujours sous recommandation médicale, figurent les suppléments de vitamine B, les antihistaminiques et les antiémétiques ou procinétiques, comme la doxylamine, la prométhazine ou le métoclopramide.

Si ce traitement est inefficace, des corticoïdes comme la méthylprednisolone peuvent être administrés. Cependant, ceux-ci doivent être utilisés avec prudence, pendant une courte période et à dose minimale.

La décision d’administrer des médicaments est difficile à prendre dans certains cas, car ceux-ci ne sont pas toujours exempts d’effets pour le fœtus ou la mère. Par conséquent, l’administration n’est conseillée que lorsque les avantages potentiels sont considérés comme supérieurs aux risques éventuels.

Médecine naturelle

Tant que le médecin l’autorise, certains remèdes naturels à base de plantes peuvent être consommés. À cet égard, la recherche indique que les préparations de gingembre sont efficaces pour la gestion de certains symptômes de l’hyperemesis gravidarum.

Autres alternatives

Des options telles que la psychothérapie, les techniques de relaxation et les bandes d’acupression peuvent être envisagées, en particulier lorsque des problèmes de santé mentale sont impliqués dans l’apparition de cette maladie.

Ajustements alimentaires

Il est recommandé de prendre note des aliments dont les odeurs ou les goûts peuvent être liés aux nausées et vomissements. Dans la mesure du possible, ils doivent être évités.

Il est également conseillé de remplacer les repas copieux par des apports moins abondants et plus fréquents. Au lieu de 3 gros repas, il est préférable de consommer 6 petites portions.

Par ailleurs, il faut éviter les aliments très assaisonnés et épicés, ainsi que les aliments frits et la caféine. Les biscuits, les purées de légumes et les smoothies sont de bonnes options.

Quant aux liquides, ils doivent être ingérés fréquemment, bien qu’en petites quantités. Il est préférable de boire en dehors des repas.

Enfin, il vaut mieux ne pas se coucher immédiatement après avoir mangé. Il faut également éviter de reporter les repas ou de passer beaucoup de temps à jeun.

Mesures générales

En dehors de la médication, ou en conjonction avec celle-ci, certaines mesures peuvent s’avérer utiles :

  • Demandez à quelqu’un d’autre de cuisiner.
  • Reposez-vous suffisamment et évitez le stress.
  • Brossez-vous les dents après avoir mangé.
  • Prenez vos médicaments le soir et non le matin.
  • Évitez les odeurs fortes, comme les parfums.
  • Ne portez pas de vêtements qui serrent l’abdomen.
  • Évitez le bruit, les lumières vives et les déplacements en voiture.
Alimentation pendant la grossesse.
Les aliments frais sont toujours la meilleure option, mais il faut évaluer au cas par cas s’ils provoquent une gêne, des nausées ou s’ils sont accompagnés d’une forte odeur.

Risques, complications et conséquences

En général, le pronostic a tendance à être bon et les complications plutôt rares. Cependant, cela ne signifie pas qu’il faut arrêter de suivre les mesures appropriées et de prendre en compte les recommandations du médecin.

Une incidence accrue de problèmes de vésicule biliaire, de dommages aux reins et au foie a été observée pendant et après la grossesse. Une hémorragie rétinienne peut également survenir.

Les affections résultant de cette condition sont le plus souvent associées à une déshydratation et à une perte de poids. Cela, à son tour, peut entraîner une anémie.

D’autres conséquences sont également vécues du point de vue social, mental ou psychosomatique, affectant la qualité de vie des femmes. Parmi elles, figurent la fatigue, l’anxiété et le découragement.

En ce qui concerne les effets sur le fœtus, l’hyperemesis gravidarum est associée à un accouchement prématuré et à un faible poids et taille du bébé à la naissance. Des déséquilibres électrolytiques peuvent également être présents.

Si malgré le traitement administré et les précautions appliquées, les nausées et les vomissements persistent, ainsi que la perte de poids, d’autres mesures peuvent être prises et même envisager une interruption thérapeutique de grossesse.

Quand consulter un médecin ?

Voici les signes avant-coureurs à connaître, afin de contacter immédiatement le médecin :

  • Nausées tout au long de la journée
  • Vomissements fréquents 4 fois ou plus en 24 heures
  • Ne pas parvenir à garder la nourriture dans le corps
  • Vertiges, étourdissements ou étourdissements
  • Douleur abdominale
  • Perte de poids supérieure à 2,5 kg
  • Sentiment de confusion

Se sentir puissamment nauséeux au petit-déjeuner peut être plus qu’une simple gêne passagère. Et bien que les complications associées à l’hyperémèse gravidique ne soient pas si fréquentes, vaut mieux prévenir que guérir.

Les mesures à prendre seront similaires aux soins quotidiens : prendre des vitamines et de l’acide folique, manger aux bons moments et régulièrement, éviter ce qui provoque les nausées. En bref, il s’agit d’adopter un mode de vie sain.

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