Les édulcorants contre l’obésité : mythe ou réalité ?

4 septembre 2019
Habituellement, les édulcorants sont considérés comme une option bénéfique pour gérer l'obésité. Mais à quel point cela est-il vrai ? Dans cet article, nous vous en disons davantage.

Le terme « édulcorant » désigne toute substance capable d’apporter un goût sucré. Dans cet article, nous portons notre attention sur ceux qui ne fournissent pas de calories. Ces édulcorants sont-ils de bons alliés contre l’obésité ?

Tout au long de l’histoire, nous avons montré une prédilection indéniable pour les aliments sucrés. Néanmoins, au cours du XVIIIème siècle, nous avons découvert que le sucre était nocif. Dans le même temps, le stéréotype de la beauté s’est transformé et correspond maintenant à une silhouette plus mince.

Ces deux circonstances ont conduit à la création du premier édulcorant sans calories à la fin du XIXème siècle. Ainsi, le goût sucré tant désiré semblait garanti, et ce sans atteindre l’état de santé des consommateurs. Que savons-nous de plus à ce sujet ?

Les édulcorants sont aptes à la consommation humaine

Il a été démontré que les édulcorants sont des substances sûres et aptes à la consommation humaine. Toutefois, il est fondamental de respecter les doses maximales établies par les organismes officiels.

Cependant, leurs bienfaits sur la prévention, le traitement et le contrôle du surpoids et de l’obésité ont été remis en question par de nombreuses enquêtes.

Nous avons plus particulièrement étudié leur action sur : l’insuline, l’appétit, la satiété, la sensation de récompense, le microbiote intestinal et les adipocytes, entre autres. Tous ces facteurs sont impliqués dans l’origine de l’obésité.

Un homme choisissant les édulcorants pour sucrer son thé

Les édulcorants contre l’obésité sont-ils bénéfiques ?

Les recherches scientifiques ne soutiennent pas l’usage des édulcorants contre l’obésité. Voici les raisons pour lesquelles ils sont inefficaces :

L’action sur la libération de l’insuline

L’insuline est une hormone libérée par le pancréas qui a pour but d’éliminer l’excès de glucose dans le sang. Pour ce faire, elle transporte le glucose vers les réserves de glycogène et de graisse corporelle. Jusqu’à maintenant, on pensait que les édulcorants sans calories n’étaient pas capables de stimuler sa libération. Bien que cela soit en partie vrai, il existe des nuances.

Effectivement, de manière directe, ils sont incapables de stimuler la production d’insuline. Néanmoins, ils peuvent la provoquer indirectement.

Cet effet indirect est dû à leur capacité à accélérer la vidange gastrique et à augmenter l’absorption intestinale. Puisqu’il s’agit de substances non caloriques, cela ne devrait pas être un inconvénient.

Mais leur addition à des aliments qui en contiennent (jus, biscuits, gâteaux, produits laitiers, etc.) rend ces deux conditions idéales pour générer un excès de glucose dans le sang. Et, par conséquent, un pic d’insuline.

 

L’instabilité de la glycémie entraîne une stimulation répétée du pancréas pour produire de l’insuline. Cela engendre alors ce que l’on appelle une « résistance à l’insuline » et entraîne un risque accru de diabète sucré, de surpoids et d’obésité.

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Le bilan énergétique

Le concept de bilan énergétique fait référence à la relation entre les calories que nous consommons et celles que nous dépensons. Un bilan énergétique positif signifie que la consommation est supérieure aux dépenses, et vice versa.

Malgré leur faible teneur en calories, les édulcorants prédisposent à un bilan énergétique positif. Voici les raisons :

  • Plus grand appétit
  • Moindre sensation de satiété
  • Goût sucré contre-productif : l’exposition répétée à une saveur accroît la dépendance pour celle-ci. Si nous prenons en compte que leur saveur sucrée est inatteignable via la consommation d’aliments naturels, la préférence des consommateurs pour les substances artificielles est donc évidente. Ces dernières contiennent généralement un nombre infini de calories vides
  • Idée que les aliments qui contiennent des édulcorants « ne font pas grossir » : cela pousse à en consommer encore plus. Par conséquent, l’apport sera finalement plus élevé que si nous avions choisi un aliment dans sa forme naturelle
  • Réduction de l’effet thermique des aliments : ce concept fait référence à la quantité de calories dépensées pour la digestion, l’absorption et le métabolisme des aliments. Leur réduction supposent une diminution de la dépense énergétique. C’est pourquoi, le risque de générer un bilan énergétique positif est plus important
  • Incapacité d’activer le processus de récompense : par conséquent, ceux qui en consomment ont besoin de manger de façon continue dans une recherche permanente de plaisir.

L’effet des édulcorants sur le microbiote intestinal

Le microbiote intestinal représente l’ensemble des bactéries qui vivent en symbiose dans notre intestin (bénéfice mutuel). Bien que sa formation culmine à l’âge de 2 ans, il peut être modifié tout au long de la vie par divers facteurs. L’alimentation est l’un d’entre eux.

Les personnes obèses ont un microbiote caractéristique qui, à son tour, favorise l’état d’obésité. Aujourd’hui, nous savons que les édulcorants sont capables de le générer.

Les édulcorants ont un effet négatif sur le microbiote intestinal

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L’action sur les adipocytes

Le rôle des édulcorants sur la taille et le nombre d’adipocytes -cellules graisseuses- est variable. Cela dépend autant des caractéristiques de l’édulcorant que de celles du consommateur. C’est pourquoi les preuves scientifiques ne permettent pas de tirer des conclusions à ce propos.

Finalement, selon ce qui vient d’être énoncé, nous pouvons dire que les édulcorants ne sont pas de bons alliés dans l’approche du surpoids et de l’obésité.