Quelles sont les différences entre glucose et fructose ?

Les sucres simples peuvent avoir un impact négatif sur la composition corporelle et la santé métabolique des personnes sédentaires.
Quelles sont les différences entre glucose et fructose ?

Dernière mise à jour : 09 décembre, 2020

Connaissez-vous les différences entre glucose et fructose ? Savez-vous lequel des deux est le meilleur pour vous ? Tous deux sont isomères, c’est-à-dire qu’ils ont une même formule chimique, mais leur structure moléculaire est différente. Par conséquent, leurs routes métaboliques diffèrent, ainsi que leurs effets sur l’organisme.

Le glucose

Le glucose, tout comme le fructose, est un monosaccharide. Son taux glycémique est élevé et, par conséquent, il constitue une substance qui élève le glucose sanguin dès qu’on l’absorbe. Cette condition fait de lui une substance peu saine, comme l’affirme un article publié dans la revue Cell Metabolism.

Le glucose est la substance ayant la plus grande capacité à élever la glycémie.

On le retrouve dans beaucoup d’aliments sous forme de glucose ou d’amidon (union de molécules de glucose). Cependant, en tant qu’édulcorant domestique, il est difficile de le trouver sous un autre format que celui de sucre de table.

En dépit des difficultés, le consommateur lambda peut le retrouver sous sa forme pure sous le format que l’industrie alimentaire utilise depuis des années : le dextrose.

Le fructose

Le fructose est le sucre ayant le plus grand pouvoir édulcorant. Paradoxalement, sa capacité à élever le glucose du sang est très inférieure à celle du glucose. Son taux glycémique est qualifié comme bas.

Contrairement au glucose, il est facile de le trouver sous une forme libre pour un usage domestique. C’est aussi l’édulcorant préféré de l’industrie alimentaire en raison de son faible coût et de son grand pouvoir sucrant.

Sa consommation en tant qu’édulcorant s’est popularisée en 1960 grâce à son bas coût et suite à l’apparition de recherches qui démontraient son faible taux glycémique.

Parmi les aliments naturels, nous le retrouvons principalement dans les fruits. Néanmoins, les préjudices que nous allons détailler par la suite ne sont pas attribuables à sa consommation. Cela est dû au fait que la densité de fructose est très faible et que sa richesse en fibres réduit et retarde son absorption.

Différences cardiométaboliques entre le glucose et le fructose

Du glucose et du fructose.

Les routes métaboliques du fructose et du glucose diffèrent entre elles à cause de leurs différences structurelles.

Les différences structurelles entre glucose et fructose font différer leurs routes métaboliques : cela explique donc pourquoi leur impact sur l’organisme n’est pas le même.

Le combustible énergétique de l’organisme

Le glucose atteint toutes les cellules de l’organisme à travers des transporteurs spécifiques (surtout GLUT2, GLUT3 et GLUT4). Cela veut dire que toutes les cellules se servent du glucose en tant que principal combustible énergétique.

Le fructose utilise les transporteurs GLUT5 et ne peut former que du glycogène hépatique et des acides gras. En d’autres termes, il n’est absorbé que par les hépatocytes et les adipocytes. Ceci se traduit par une plus faible opportunité d’usage et une plus grande tendance à l’accumulation de graisse corporelle.

Appétit

Une étude publiée en 2019 montre que la consommation de glucose augmente l’appétit. Cela est probablement dû à sa capacité à stimuler la production de pics d’insuline et le recul conséquent du glucose du sang. La baisse de la glycémie est donc responsable de l’augmentation de l’appétit.

Fructose, glucose et adiponectine

L’adiponectine est une protéine fondamentalement sécrétée par des adipocytes et cardiomyocytes. Son niveau est inversement proportionnel au pourcentage de graisse corporelle et se retrouve réduit dans les états d’obésité et de diabète mellitus.

L’adiponectine joue un rôle important dans la régulation du métabolisme énergétique car : 

  • Elle favorise l’oxydation des acides gras.
  • Elle réduit les triglycérides plasmatiques.
  • Et elle augmente la sensibilité à l’insuline.

À ce sujet, on sait que le glucose a une plus grande capacité que le fructose à provoquer la libération d’adiponectione et à atteindre les bénéfices associés à l’augmentation de cette dernière.

Adiponectine au microscope.

Le glucose provoque une plus grande libération d’adiponectine.

Contrôle métabolique

La route métabolique du fructose est moins contrôlée que celle du glucose. Par exemple, le fructose ne dépend pas du sodium pour entrer dans les cellules. Il voyage donc de l’intestin vers le foie pour le métabolisme.

Par ailleurs, le fructose ne peut ni être accumulé sous forme de glycogène musculaire, ni utilisé par d’autres cellules que les adipocytes et les hépatocytes. Ceci, en plus de la facilité avec laquelle il entre à l’intérieur des cellules, suppose une activation rapide de la lipogenèse (formation de graisse corporelle).

Acides gras

Le fructose réduit l’oxydation des acides gras et augmente la synthèse de lipides dans le foieSa consommation excessive a été liée à une surcharge hépatique et à un foie gras.

Si nous prenons en compte le fait que la majorité des aliments transformés en contiennent et que la consommation de ces derniers a augmenté, atteindre la consommation excessive mentionnée ne semble pas très difficile. L’excès semble encore plus simple si nous nous disons que beaucoup de personne ont choisi de le consommer en tant qu’édulcorant en raison de son faible taux glycémique.

Effet de la consommation de glucose et de fructose sur la relaxation de l’aorte

Akther, Alegret, Laguna, Roglans, Roshanak, Sangüesa & Shaligram (2017) ont étudié les effets de la consommation du glucose et du fructose sur une population de souris exposées à un agent donneur d’oxyde nitrique. Ils ont trouvé que l’aorte était moins capable de se relaxer chez les souris qui avaient reçu du fructose.

Cela suppose un état cardiovasculaire moins bon et une plus faible réponse au traitement pharmacologique le plus utilisé (nitroglycérine) pour la cardiopathie ischémique (obstruction du flux sanguin vers le muscle cardiaque).

Le fructose suppose un pire état métabolique et cardiovasculaire

Après tout ce que nous venons de voir, et même si la consommation de glucose augmente l’appétit, les études ont trouvé que le fructose est probablement le glucide qui a la plus grande capacité obésogène. En fait, sa consommation a été liée au célèbre « syndrome métabolique ».

En outre, la consommation de fructose est liée à une résistance à l’insuline, un profil lipidique moins bon et une réponse cardiovasculaire inadéquate.

Un patient obèse.

Le syndrome métabolique inclut : excès de graisse abdominale, hypertension artérielle, diabète mellitus, hypertriglycéridémie et baisse de la protéine HDL (bon cholestérol).

Considérations pratiques basées sur les différences entre glucose et fructose

Nous connaissons déjà les différences entre glucose et fructose et leur impact sur la santé, mais que supposent ces informations au quotidien ?

Que faire avec le fructose ?

Comme nous l’avons vu, en dépit de son faible taux glycémique, sa consommation suppose une infinité d’effets négatifs qui aboutissent à davantage d’obésité, de diabète, de pathologies hépatiques et tout ce que ces maladies impliquent.

La recommandation est d’éviter la consommation de fructose libre.

Nous devons prendre en compte que la majorité des aliments transformés contiennent du fructose dans leurs ingrédients. Voici donc une raison de plus pour abandonner la consommation d’aliments transformés.

Quand consommer du glucose ?

L’une des grandes différences entre le glucose et le fructose réside dans leur capacité à élever la glycémie. Par conséquent, nous devrons opter pour la consommation de glucose quand nous aurons besoin d’un apport énergétique rapide. Ceci serait pendant la pratique d’un exercice physique intense ou à la fin de ce dernier.

Si la demande énergétique était très élevée (activité physique intense > 2,5 – 3 heures), il faudrait choisir des glucides combinés avec un taux glycémique élevé. C’est par exemple le cas du miel, du sucre de table ou l’usage concomitant de glucose et fructose libres. De cette façon, nous saturerons tous les transporteurs qui emmènent le sucre vers les cellules et satisferons ainsi la demande énergétique.

Une alternative à faible taux glycémique

Néanmoins, le reste du temps, nous ne devrions pas opter pour le glucose. Ni pour le fructose, à vrai dire, car, en dépit de son faible taux glycémique, il suppose un impact cardiométabolique très négatif. Les édulcorants acaloriques ne constituent pas non plus une bonne alternative.

Ni le glucose, ni le fructose, ni les édulcorants acaloriques ne sont de bonnes alternatives pour les personnes en surpoids, souffrant d’obésité ou de diabète mellitus.

Le glucose et le fructose ne sont généralement pas recommandés

En dehors des moments de pratique d’exercice physique intense, l’idéal est un glucose à faible taux glycémique. Malheureusement, cela n’existe pas. La meilleure alternative est donc le sucre de coco.

Le sucre de coco constitue un édulcorant naturel à base de saccharose (50 % de glucose et 50 % de fructose) et son taux glycémique est bas. Étant donné qu’il n’est pas raffiné, sa teneur en eau et en fibres est plus élevée que celle d’autres édulcorants. La proportion de saccharose dans chaque portion est donc plus faible.

N’oubliez pas que, si vous n’avez pas besoin d’un apport énergétique immédiat, la consommation de sucres libres (quels qu’ils soient) devra être la plus réduite possible.

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  • Samuel VT., Shulman GI., Nonalcoholic fatty liver disease as a Nexus of metabolic and hepatic diseases. Cell Metab, 2018. 27: 22-41.
  • Al Zubaidi A., Heldmann M., Mertins A., Brabant G., et al., Impact of hunger, satiety, and oral glucose on the association between insulin and resting state human brain activity. Front Hum Neurosci, 2019.