SMPO : syndrome de la maladie post-orgasmique

23 mai 2020
Il s'agit d'une maladie peu connue, sans beaucoup de référence, et qui peut sérieusement affecter la relation de couple et la confiance de l'homme.

Le syndrome de la maladie post-orgasmique est un trouble rare, découvert récemment, qui affecte exclusivement les hommes. Ceux qui en souffrent présentent des symptômes semblables à ceux de la grippe après l’éjaculation.

Selon la Société Internationale pour la Médecine Sexuelle, il n’existe aucun rapport sur l’étendue du syndrome de la maladie post-orgasmique (SMPO, ou POIS en anglais). En effet, les premiers cas ont été signalés il y a quelques années seulement.

Cependant, on estime que beaucoup peuvent en souffrir sans le savoir, car son existence est très peu connue. C’est Marcel Waldinger, Directeur du Département de Neurosexologie de l’Hôpital de Leyenburg en Hollande, qui a découvert cette maladie en 2002.

Quels sont les symptômes du syndrome de la maladie post-orgasmique ?

Un homme touché par le syndrome de la maladie post-orgasmique

Bien que cette maladie ne représente pas un danger majeur de santé, elle est très problématique pour la stabilité émotionnelle de l’homme et de son couple. En effet, elle réduit le désir sexuel de ceux qui en souffrent, qui perçoivent l’orgasme comme le préambule d’un mal-être, et non comme une activité de plaisir.

Par ailleurs, les manifestations du syndrome de la maladie post-orgasmique peuvent être ressenties immédiatement après l’éjaculation ou peuvent apparaître quelques heures plus tard. De même, les symptômes peuvent durer entre 3 et 7 jours.

On a détecté deux types de symptômes qui coexistent mais, selon le cas, prévalent l’un sur l’autre :

Symptômes physiques

  • Fatigue
  • Fièvre
  • Mal de tête
  • Congestion ou écoulement nasal
  • Irritation de la gorge et toux
  • Démangeaisons des yeux et vision floue
  • Douleur musculaire
  • Transpiration
  • Diarrhée, dans certains cas

Symptômes psychologiques

  • Fatigue mentale
  • Difficulté à se concentrer
  • Difficulté à se souvenir ds choses
  • Problèmes d’élocution

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Quelles sont les causes du syndrome de la maladie post-orgasmique ?

Un homme en consultation médicale pour traiter le syndrome de la maladie post-orgasmique

Il est difficile de connaître l’origine du syndrome de la maladie post-orgasmique, bien que plusieurs théories soient en cours d’expérimentation. Cependant, rien n’indique qu’il s’agit d’une maladie génétique ou contagieuse. Les études font état de problèmes hormonaux, neuropsychologiques dus à des déséquilibres psychiques ou des problèmes immunitaires.

D’autre part, un lien a été cherché entre cette maladie et l’éjaculation précoce. Mais seulement 25% des cas analysés ont rapporté des éjaculations moins d’une minute après le début des rapports sexuels ou de la masturbation.

Déséquilibres chimiques

Cette théorie met en évidence une réponse anormale à la libération d’ocytocine après l’orgasme. D’autres études cherchent une relation entre de faibles taux de testostérone et le SMPO. Car, certains symptômes, tels que la fatigue et la difficulté à se concentrer, sont communs.

Problèmes neuropsychologiques

Immédiatement après l’orgasme, les niveaux de prolactine augmentent et restent élevés pendant une longue période. Une nouvelle théorie considère que la prolactine peut altérer les neurones dopaminergiques. Ce qui serait à l’origine d’une production insuffisante de dopamine.

Cette théorie se base sur le fait que le manque de dopamine entraîne des symptômes psychologiques semblables à ceux du syndrome de la maladie post-orgasmique. 

Problèmes immunitaires

Par ailleurs, une théorie plus récente estime qu’il peut y avoir une réaction auto-immune à la production du propre sperme. Les études réalisées par le docteur Marcel Waldinger sur 45 hommes présentent quelques preuves de cette possibilité.

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Les traitements du syndrome de la maladie post-orgasmique

 

Jusqu’à maintenant, on utilise des antihistaminiques, des antidépresseurs ISRS, et des anxiolytiques afin de soulager les symptômes. Mais il ne s’agit pas d’une solution définitive.

Le docteur Waldinger a expérimenté la thérapie de l’hyposensibilisation. Celle-ci consiste à inoculer chez les patients leur propre sperme. La thérapie fonctionne comme une sorte de vaccin qui vise à provoquer une réaction immunitaire à l’allergie à son propre sperme.

Il semblerait que l’hyposensibilisation améliore progressivement les symptômes. Cependant, les preuves sont réduites et ne permettent pas de tirer une conclusion.

D’autres traitements ont été testé avec un succès relatif dans le soulagement de quelques symptômes. En outre, il existe des thérapies naturelles comme le traitement à base de Saw palmetto et de vitamine B3. Des méthodes plus draconiennes ont été également utilisées, comme la réduction de la prostate ou l’application de techniques qui évitent l’éjaculation.

Des groupes de soutien

Enfin, il existe des groupes de soutien qui facilitent l’échange et le partage d’expériences ainsi que la connexion avec des professionnels qui étudient ce syndrome. D’autre part, il y a aussi un forum sur lequel les personnes intéressées peuvent s’inscrire ainsi qu’une page Facebook.

Dans tous les cas, le mieux est de consulter un médecin ou un spécialiste qui pourra vous orienter vers l’aide la plus appropriée.

 

  • Post-Orgasmic Illness Syndrome: A Review. Sexual Medicine Reviews. Hoang Minh Tue Nguyen, BA, Areeg Bala, MD, Andrew T. Gabrielson, BA, and Wayne J. G. Hellstrom, MD, FACS
  • Endocrine response to masturbation-induced orgasm in healthy men following a 3-week sexual abstinence. M.S. Exton, T.H. Krüger, N. Bursch, P. Haake, W. Knapp, M. Schedlowski, and U. Hartmann. World Journal of Urology, vol. 19, Nov. 2001, pp. 377-382.
  • Specificity of the neuroendocrine response to orgasm during sexual arousal in men. T.H. Kruger, P. Haake, D. Chereath, W. Knapp, O.E. Janssen, M.S. Exton, M. Schedlowski, and U. Hartmann. J Endocrinol, vol. 177, 2003, pp. 57-64.
  • Subjective Experiences During Dopamine Depletion,” Am J Psychiatry, vol. 162, 2005, pp. 1755
  • Clinical Characteristics and Evidence for Immunogenic Pathogenesis. Dr. Marcel Waldinger. (2011). https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21241453
  • Hyposensitization therapy with autologous semen in two Dutch caucasian males: beneficial effects in Postorgasmic Illness Syndrome (POIS; Part 2). Waldinger MD, Meinardi MM, Schweitzer DH. (2011). https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21241454