Tout ce que vous devez savoir sur la queue vestigiale

5 janvier 2021
La queue vestigiale est l'une des maladies les plus rares au monde. On pense qu'elle est due à des altérations génétiques mais on ne connaît pas précisément sa cause.

La queue vestigiale, aussi connue sous le nom de queue humaine, est une extravagance phénotypique. Seuls une centaine de cas ont été recensés dans le monde entier. Il s’agit de l’une des maladies les plus rares connues jusque maintenant.

Cette queue pousse dans la zone finale du sacrum, à hauteur du coccyx, et se compose normalement de tissu conjonctif, de muscles, de vaisseaux sanguins, de nerfs et de peau. Néanmoins, en d’autres occasions, d’autres structures telles que des vertèbres et du cartilage peuvent apparaître.

La queue vestigiale est généralement retirée dès que le bébé naît. Il arrive cependant que cette intervention ne soit pas réalisable et que la personne la conserve donc tout au long de sa vie.

Par ailleurs, de nombreux cas de queue vestigiale ont été liés à la maladie du spina bifida, un problème congénital qui fait que des canaux de la colonne vertébrale ne se ferment pas complètement au cours de la grossesse.

Les études confirment également que les cas de queue vestigiale sont deux fois plus probables chez les hommes que chez les femmes.

Causes de l’apparition de la queue vestigiale

Des gènes sur une image.

En réalité, on ne connaît pas exactement la cause de cette maladie si rare. Les scientifiques en ont déduit qu’elle provenait d’une mutation génétique qui réactive un caractère caché de notre développement évolutif jusque là réprimé dans le génome humain.

De récentes études et recherches ont d’ailleurs renforcé cette théorie. Pour pouvoir vérifier que ces gènes étaient aussi dans le génome humain, on a étudié les gènes responsables du développement de la queue chez les souris et d’autres animaux vertébrés.

Nous autres êtres humains ne développons plus de queue, même si nous avons les gènes pour cela. En effet, la régulation de ces derniers provoque la mort cellulaire ou l’apoptose des cellules qui étaient destinées au développement de cette queue vestigiale.

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Pour le dire d’une autre façon, nous avons, dans notre organisme, les ordres et instructions suffisantes pour pouvoir développer une queue. Néanmoins, ces ordres sont détruits. En tant que conséquence de ces gènes, on peut observer une queue chez l’être humain entre les semaines 4 et 8 de grossesse.

En raison de ces rares cas d’humains avec une queue vestigiale, un débat animé s’est ouvert dans le monde de la médecine et de l’évolution.

Caractéristiques

La queue vestigiale dans la médecine.

Il faut bien prendre en compte que, même si on lui donne ce nom, dans la majorité des cas, il ne s’agit pas d’une queue en tant que telle. Une queue normale, comme celle d’un chat ou d’un chien, se forme d’une série d’os, de cartilages, de moelle épinière et de muscles bien différenciés qui permettent son mouvement adéquat.

Or, dans les cas de queue vestigiale qui ont été décrits, aucune de ces structures n’existe et le peu de muscles qui la composent manquent d’os auxquels s’unir et sur lesquels s’insérer. Par conséquent, ils ne vont pas pouvoir se contracter de manière coordonnée ou remuer, comme le ferait la queue de n’importe quel animal.

Néanmoins, comme nous l’avons vu, cette queue se compose bien de :

Toutes ces structures permettront à la queue de bouger et de se contracter comme l’enfant le souhaite, mais sans aucun type de coordination et avec de nombreuses limitations.

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Par ailleurs, la taille de la queue vestigiale varie selon les cas. La plus longue jamais recensée était celle d’un jeune homme, en Indochine française. Sa queue vestigiale mesurait 229 mm.

On a parfois beaucoup de mal à faire la différence entre spina bifida et queue vestigiale. Par exemple, un jeune homme indien, Chandre Oram, est devenu célèbre grâce à sa grande « queue ». Or, cette altération n’était pas une véritable queue mais un cas de spina bifida.

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