Les adultes qui n'ont jamais eu de partenaire, est-ce normal ?

L'absence d'un partenaire peut être une décision personnelle, mais aussi une conséquence de certaines limitations qui doivent être prises en compte. Nous explorons la réalité de ceux qui n'ont jamais été en couple.
Les adultes qui n'ont jamais eu de partenaire, est-ce normal ?
Elena Sanz

Rédigé et vérifié par la psychologue Elena Sanz.

Dernière mise à jour : 04 décembre, 2022

Bien que cette tendance change lentement, la vérité est que même aujourd’hui, avoir un partenaire est la norme et socialement acceptée. Nous grandissons avec la conviction profonde que, en tant qu’adultes, nous devons partager notre vie avec une autre personne. Et on assimile le célibat à un échec personnel. Pour cette raison, ceux qui n’ont jamais eu de partenaire peuvent se sentir mal et recevoir des critiques importantes.

Bien que ce soit une réalité que ceux qui en font l’expérience essaient de la cacher, la vérité est qu’elle affecte plus de gens que nous ne le pensons. Beaucoup d’adultes n’ont jamais eu de relation amoureuse formelle et d’autres n’ont jamais eu de rapport sexuel non plus.

Parfois, cela peut être dû à certaines limitations qui doivent être résolues. Mais dans d’autres cas, il peut s’agir d’un simple choix.

Ainsi, pour déterminer si cela est “normal”, nous ne pouvons pas nous précipiter pour porter des jugements de valeur. Il est crucial de comprendre le contexte et les circonstances de chaque personne pour le déterminer.

Adultes n’ayant jamais eu de partenaire : une option personnelle

Ce qu’il faut attendre, c’est qu’une personne de plus de vingt ans ait déjà vécu ses premières relations sexuelles-affectives. C’est la norme et c’est la réalité pour la plupart des gens. C’est aussi la direction dans laquelle l’environnement et la société poussent.

Malgré cela, ce n’est pas une obligation, une nécessité ou un état optimal. Ceux qui n’ont jamais eu de partenaire ne sont pas inférieurs ou défectueux ; ils ne devaient pas être jugés ou rejetés. C’est que s’il est vrai que la vie de couple peut être enrichissante et positive, il n’en est pas moins vrai qu’être célibataire procure aussi de multiples avantages.

Il y a ceux qui choisissent cet état en raison de la liberté qu’il accorde et de la possibilité de connaissance de soi qu’il offre. Une personne seule peut passer plus de temps et d’énergie à se connecter avec elle-même, à prendre soin d’elle-même et à se nourrir sur le plan personnel. Vous pouvez voyager, prendre des décisions et passer votre temps sans avoir la responsabilité de partager avec quelqu’un.

Pour beaucoup, c’est une option de vie idéale. Dans ce cas, on ne peut pas parler de problème et il n’est pas nécessaire que ces personnes se conforment de force à la norme.

Le chemin est personnel.

Homme célibataire par choix.
Certains modes de vie ne correspondent pas à une vie de couple, alors la décision d’être célibataire est prise en connaissance de cause, pour privilégier d’autres aspects.

Orientations sexuelles et amoureuses

Conformément à ce qui précède, il convient de considérer qu’il existe des personnes qui ne ressentent tout simplement aucun intérêt pour les relations sexuelles ou amoureuses. On estime qu’environ 1 % de la population s’identifie comme asexuée (ne ressent pas d’attirance sexuelle ou ne désire pas avoir de relations physiques avec les autres).

De même, il y a ceux qui ont une orientation aromantique. Autrement dit, ils ne sont pas intéressés à avoir une relation.

C’est légal et ce n’est pas un problème à régler. Dans ces cas, il est possible que la personne adulte n’ait jamais eu de partenaire.

Limitations ou difficultés personnelles

Cependant, il ne s’agit pas toujours d’un simple choix. Beaucoup d’adultes qui n’ont jamais eu de partenaire en souffrent ou souhaitent que leur situation soit différente.

Ils peuvent vouloir trouver quelqu’un avec qui partager leur vie et échouer en raison de divers facteurs. C’est alors qu’il convient d’intervenir.

Cela peut être dû à certaines difficultés ou limitations personnelles. Ces caractéristiques compliquent la tâche de rencontrer les autres, de générer une intimité avec eux et de créer des liens sains :

  • Compétences sociales déficientes.
  • Extrême timidité
  • Insécurité.
  • Phobie sociale.

Il peut aussi arriver qu’il y ait des peurs non traitées ou des plaies ouvertes qui empêchent une vie de couple. La peur de l’abandon, du rejet ou de la souffrance peut conduire une personne à boycotter ses chances d’établir une relation ou la conduire à abandonner sans même essayer. Ceux qui ont un attachement insécure (à la fois ambivalent et anxieux) y sont plus sensibles.

Il convient également de passer en revue les croyances fondamentales de la personne, afin d’identifier celles qui jouent contre :

  • Si la personne, tout au long de sa vie, a observé des modèles de relations dysfonctionnelles, dans lesquelles la violence ou l’indifférence étaient au quotidien, cela l’amènera à avoir une vision très négative de l’amour et de la situation d’être en couple.
  • Avoir des attentes irréalistes et une faible flexibilité cognitive. Être imprégné de l’idée de l’amour romantique et ne pas pouvoir considérer qu’une vraie relation implique de céder, d’être tolérant et de traverser des hauts et des bas.
  • Souffrir de philophobie ou de peur de l’engagement. Considérer que la vie de couple est une prison qui prive de liberté et efface l’identité. De ce fait, certaines personnes rejettent l’idée d’être émotionnellement vulnérables et de s’engager à long terme, même si une partie d’entre elles le souhaitent.
Timidité qui mène au célibat.
Une timidité extrême peut compliquer le processus de création de relations sociales. Dans ce cas, une aide professionnelle est nécessaire.

Ceux qui n’ont jamais eu de partenaire devraient se demander : est-ce que cela me fait souffrir ?

Bref, il ne s’agit pas de se demander si c’est normal ou non. Il faut analyser si c’est une situation qui fait souffrir.

Si la personne se sent à l’aise et satisfaite de sa réalité, si c’est ce qu’elle choisit librement pour elle-même, c’est bien. Or, s’il s’agit d’inconfort, d’anxiété ou de souffrance, ou si elle est due à une peur limitante, il convient d’intervenir.

La psychothérapie est un espace sûr dans lequel la personne peut explorer ses croyances, ses blessures et ses peurs, améliorer ses compétences et changer les dynamiques qui la maintiennent coincée dans une situation désagréable.

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